V. — LA MARCHE GERMANIQUE
Ce fat en l'an 12, l'année de l'autel de Lj^on-, que la conquête de la Germanie commença. Il est possible que Drusus s'en soit entretenu avec les chefs gaulois'. Beaucoup le suivirent, et se signalèrent par leurs services et leur bravoure*. L'armée de V imperalor se composait, par moitié, de légions romaines ' et d'auxiliaires fournis par les Gaulois''. Cette guerre serait le fait des Celtes aussi bien que des Italiens : gloire et butin, elle rapporterait aux uns autant qu'aux autres. Elle entraînait les vaincus d'Alésia contre leur ennemi héréditaire d'outre-Rhin; elle allait les occuper et les enrichir : c'était, pour le peuple romain, une nouvelle manière de distraire la Gaule de ses souvenirs et de ses regrets.
Drusus procéda d'abord lentement, par étapes rapprochées, sans s'éloigner trop de la base que lui offrait la frontière. — En 12, il se tourna vers la mer, s'embarqua sur le Rhin, le descendit jusqu'à l'Océan, occupa l'île des Bataves, longea la côte jusqu'à l'estuaire du Weser, laissa des garnisons chez les Frisons du littoral, et revint en Gaule'. — L'année sui-
1. Sur les campagnes de Drusus. en dernier lieu Kropatscheck. Der Drusiisfeldzug, etc., Bonner Jakrb., CXX, lUll.