‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 127 sur 792 · LA MARCHE GERMAMQUE. IH · texte numérisé non relu

LA MARCHE GERMAMQUE. IH

pénétration', et la maîtrise des rivages sur la mer du Nord. Il tenait fort à cette maîtrise, qui, après lui, hanta les premiers gouverneurs de la Germanie romaine. Flottes, canaux et ports les occuperont aussi bien que légions, routes et camps-. L'Océan septentrional les attirera autant que la terre d'Allemagne. Et ceci est à la gloire de ces généraux de l'Empire, qu'ils aient estimé à leur valeur souveraine les choses delà mer. — Drusus et ses héritiers ont-ils, comme Pythéas dont ils suivaient les traces, cherché les routes de l'ambre^ et protégé les intérêts des marchands de Belgique? Ont-ils voulu, en prenant les estuaires de l'Ems, du \yeser et de l'Elbe, envahir par les fleuves la Germanie intérieure, faisant suivre aux vaisseaux chargés de légionnaires les chemins naturels que leur montraient les barques des trafiquants frisons et chauques? Le rêve leur est-il venu, de transformer cette grande mer du Nord en une nouvelle Méditerranée latine, qui serait achevée le jour de la conquête de la Bretagne, conquête à laquelle, depuis César, aucun Romain n'avait renoncé ? — Toutes ces raisons ont dû ensemble suggérer à Drusus la première partie de l'œuvre qu'il projetait. Quand cette partie fut terminée. Home possédait, .sur les lianes de la Barbarie, une double marche militaire, l'une terrestre et l'autre maritime, d'où l'on pénétrerait enfin « les mystères de la Germanie profonde » : ce qui ressemblait de très près à la tâche accomplie jadis par Domitius, enserrant et menaçant par les terres soumises de la Narbonnaise l'immensité de la Gaule intérieure *.

1. Par la Lippe avec Aliso et Oberaden, par la ligne de Xanten à Rheine sur l'Ems, par Bonn et la vallée de la Sieg, par la trouée de la Hesse avec Friedberg.

2. Cr. p. 142 et 132 : il n'est pas impossible qu'il y ait eu dès le temps de Drusus une station navale à Boulogne : mais en tout cas la classis Gernianica lui doit bien l'existence (p. 104, n. 3).

3. Drusus aurait voulu, en l'an 12 (p. lO'J). conlourner le Jutland (Tac, G., 34). Cette préoccupation, de donner aux Romains la vieille route de lambre, celle de Pythéas (t. I, p. 417-420), de Cadix à l'Elbe, n'est peut-élre i>as étrangère à la pompeuse déclaralion d'Auguste dans ses Hcs gcstx, o, 10-12 : Gallias et llispanias provincias et Germaniam (jiiu iricludit Oceanus a Gadibus ad oslium Albisjluminis pacavi.

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