‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 128 sur 792 · I . — LA MORT DE DRUSUS · texte numérisé non relu

I . — LA MORT DE DRUSUS

Cela fait, Drusus aborda aussitôt la Germanie centrale, celle des montagnes et des forêts qu'on Y03'ait arriver et finir sur le Rhin, de Bonn à Mayence (9 av. J.-C.)'.

Il partit de cette ville, et une course victorieuse le conduisit, le long- de la grande forêt Hercynienne-, depuis le Mein jusqu'au Weser et depuis le Weser jusqu'à l'Elbe enfin, le fleuve le plus fameux de l'Allemagne. Mais la marche fut sans doute trop rapide pour entraîner une conquête. On explora des terres plutôt qu'on ne soumit des peuples. Les vraies campagnes d'annexion étaient réservées aux années suivantes. Drusus n'avait pas encore atteint sa trentième année ^, et c'est à quarante-trois ans seulement que César son devancier commença de conquérir les Gaules \ Devant le jeune prince s'ouvrait une carrière de gloire aussi longue que celle d'un héros.

31ais il mourut à son retour de l'Elbe, en pleine Germanie ^ Son corps fut transporté à Rome : le cortège traversa la Gaule,

1. Dion. LV. kFlorus. 11.30.23. 2i-2o? et 2G; Orose. VI. 21. 15-10; Eulrope. VII. 9: Str.. YII. 1. 3: Tite-Live. Ep., 140; Suétone. CL, 1. Après bien des hésitations, je propose l'itinéraire suivant. — Mayence; une incursion chez les Suèves du Mein; Friedherg et la trouée de la liesse, où il combat les Chattes (p. 104, n. 2. p. 110. n. 2); descente vers le Weser par la route de la seconde^campagne. faite en sens inverse (p. 110. n. 1): le Weser traversé à llameln (p. 121, n. 5); courses chez les Chérusques, du Weser à l'Elbe par Hildesheim; arrivée sur l'Elbe à Magdebourg. Au retour, il remonte l'Elbe et la Saale. où il combat les Marcomans (cf. p. 105, n. 3) ; son intention est de revenir à Mayence par Eisenach et la Fulda. C'est sur la Saale qu'a lieu l'accident dont il mourut. Sa mort se place entre la Saale et le Rhin, à des castra œstiva voisins de la frontière, appelés Scclcrata (Suét.., CL, 1, 3). — Le nom de Sicambri, dont il est question à propos de celte campagne, doit dissimuler celui de quelque peuplade de l'Elbe. — Mêmes hésitations au sujet du voyage de 200 milles fait par Tibère, à travers les pays barbares, pour rejoindre son frère (Pline, YII, 84; Valèrc-Maxime, Y, 5, 3). Si on les compte depuis Mayence, cela nous ramène ix la Saale.

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