En face de Hameln?; cf. p. 121, n
7. Et même, sur le Rhin, n'y a-t-il peut-être plus que les deux légions de Mayence (Velléius, II. 120, 3). — En admettant même, ce qui n'est pas impossible, trois légions d'arrière-garde, à Vêlera, Strasbourg, Windiscli (cf. p. 132-3). les Romains eurent, pour tenir toute la Germanie entre le Kbin et l'Elbe, juste autant d'hommes que plus tard pour la seule frontière du Rhin (ici. p. 13G-8). Cf. Ritterling, Boniier Jahrbiichei\ CXIV-V, 1906, p. 181. — .Ajoutez que l'occupation du grand camp cesse pendant l'hiver. Tibère seul, très sagement, laissa ses légions l'hiver en Germanie : à Lippspringe? (p. 114, n. 4; Velléius. II. lO.j, 3). Il y a eu, de la part d'Auguste, de véritables aberrations militaires. — Enfin, il paraît certain que, dès ce temps-là. la Germanie était séparée de la Gaule (Dion, LV, 28, 6; LVI, 18, 3; ici, p. 133. n. 1), et celle-ci, peul-ètre abandonnée à ses trois légats : ce qui comportait la sup[)ression du grand commandement militaire de l'Occident (p. 0U-7II), au moment où il était le plus nécessaire.
H8 DRUSUS, GERMANICLS, ARMINIUS.
Auguste et ses conseillers auraient dû s'apercevoir que la tâche romaine était beaucoup plus lourde dans les Gerinanies que dans les Gaules. De ce côté-ci du Rhin, mille habitudes facilitaient l'entrée des Celtes dans l'Empire : vieilles cités, partis politiques, grandes villes, alphabet, monnaies, agriculture, industrie, commerce, avaient aidé les légions à vaincre et les proconsuls à gouverner'. Rien de cela n'existait en Germanie-. Les légats du prince n'y trouvaient aucun de ces organes de la vie commune dont ils pussent se servir pour exercer leur pouvoir.
Une puérile ignorance des situations se montra dans la politique romaine au delà du Rhin. Comme si la Germanie était déjà convertie au culte de Rome et d'Auguste, on éleva à Cologne, sur le modèle de celui de Lyon, un autel aux divinités impériales; les chefs des cités de l'Ems et du Weser furent conviés à son culte : et on transforma en prêtres de l'Etat romain les fils des rois chérusques^ tout imprégnés des dévotions de leurs forêts natales.
Beaucoup plus éloignés de la vie latine que les Gaulois, les Germains de Westphalie avaient peine à en comprendre les charmes. Il était difficile de leur faire perdre le goût de ces forêts, l'amour du plein air, la passion des combats. Si leur désir de la liberté tenait un peu de l'instinct de la bête fauve, s'il ne rappelait en rien le patriotisme subtil des cités gréco-romaines, il n'en était que plus incommode à leurs maîtres du jour\
Les Romains parlaient d'eux avec mépris : il n'y avait rien à craindre, disait-on, de ces demi-bêtes, à moitié nues, avec leurs boucliers de bois, leurs armes enfantines, leur inexpérience des méthodes de l'art militaire'*. — Cela était vrai dans