Sœvi proximis iwjruunt ; Tacite, Histoires, IV
davantage. Soiiiieons que le pouvoir de ces souverains est universel et absolu, que la Gaule les adore comme dieux, que tous ces peuples de l'Antiquité, Romains, Grecs et Occidentaux, ont poussé jusqu'aux dernières limites le culte et l'autorité du chef : il est impossible qu'ils ne se soient pas ressentis de son humeur et inspirés de son attitude.
Peu de temps après la mort de Germanicus (19)-, quelquesunes des plus grandes nations delà Gaule se soulevèrent (21) : ce qui était un fait inouï depuis le départ de Jules César. Je doute que les causes de ce soulèvement ne soient pas la politique et la personne de Tibère.
Germanicus disparu, c'est la ruine de la dynastie chère aux Gaulois, le pa3's privé de l'éclat dune cour et de la présence d'un souverain; ce sont les provinces gouvernées par des sousordres, proconsuls, légats, intendants, tous esclaves despotiques d'une volonté lointaine et mystérieuse^; c'est l'avènement véritable du successeur d'Auguste, ennemi du bruit, méticuleux, économe, hargneux, dédaigneux du provincial, entiché des rites de la tradition romaine \ Sous un tel chef, la Gaule se sentit condamnée à ce qui lui répugnait le plus, l'obéissance muette de chaque jour '\
Une cause plus précise détermina la révolte. Les Eduens et les Trévires, entre autres, se plaignaient de tributs qui leur étaient imposés"^. Auguste leur avait laissé l'immunité fiscale,