‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 22 sur 792 · DU MÉLANGE ENTRE VAINQUEURS ET VAINCUS · texte numérisé non relu

DU MÉLANGE ENTRE VAINQUEURS ET VAINCUS

fédération, amitié, fraternité, clientèle, hospitalité, pouvaient faire de plusieurs villes une seule et grande famille'. L'étranger était accepté sur le sol et dans les murs de la patrie - : les Ligures laissèrent les Grecs fonder Marseille, et celle-ci admettait sans crainte les services des Gaulois et les séjours des Romains ^ Il n'existait pas de belle ville maritime, Cadix, Cartilage, Syracuse, Alexandrie, qui ne parût un mélange de cent nations*. Sauf de rares exceptions, les cités finissaient par ouvi-ir au grand nombre les rangs de leur bourgeoisie'. FA si Rome, à cet égard, fut plus accueillante que les autres Etats du monde antique, si elle adopta des citoyens de partout et depuis son origine même% cela ne tient point au caractère propre de ses institutions, mais à sa situation "sur la terre et aux événements de son histoire. Placée, dès le temps de sa fondation, au point de rencontre de peuples rivaux. Latins, Sabins, Etrusques et gens de la mer", elle ne se débarrassa d'eux qu'en les absorbant en elle, et elle finira par faire du monde entier ce qu'elle a fait de ses voisins d"Italie^

Ce qui aida le plus à ce mélange des hommes, c'est que, tout bien pesé, les ressemblances entre leurs lois ou leurs pensées étaient plus fortes que les divergences. Une peuplade gauloise, avec son vergobret annuel à puissance royale, ses sénateurs aux aguets sous la menace d'une tyrannie, sa plèbe prête à se faire acheter par les largesses d'un grand, avec sa ville souveraine devenue le lieu de ses assemblées et le centre de ses résistances", cette peuplade gauloise, qu'elle s'appelât les Eduens

1. Voyez, pour RoniL'. t. III. p. 28-9. pour l.i Gaule, t. Il, p. 440-2.

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