En 61. Tac.. Ann.. XIV
3. Continua exercitaum otio. XIII, 54. — Vers 58, vaine tentative des Frisons pour occuper les agri vacui de la rive droite (pays occupés jadis par les Chamaves et les Tubantes, puis par des Usipi [ici, les Usipètes?] : Ilainaland, Twcntbe, Salland. c'est-à-dire en Gueldre et Over-Yssel, t. III. p. 46, n. 3). Puis, occupation de ce:} mêmes terres par les Ampsivarii venus de l'Ems (t. III, p. 47, n. 3); ceu.\-ci. refoulés, errent en Westphalie, et finissent par être détruits par les Germains eu.\-mêmcs. En 58 encore, la destruction partielle des Chattes (p. 145). Tac. Ann.. XIlI, 54-7. — Je ne crois pas que jamais la Germanie ait traversé une pareille période d'anarchie, et qu'elle eût été plus facile à conquérir.
('). Holleau.x, Discours prononcé par Néron, Lyon, 1889; Dittenberger, n" 376.
PROGRÈS DE l'esprit PROVINCIAL. 177
ait montré quelque s\'mpalhie à la Gaule'. Pour ce maniaque d'hellénisme, il est probable que Celtes et Germains n'étaient qu'un ramassis de Barbares, dont il n'avait cure d'attirer l'attention.
Le seul événement qu'on signale en Gaule est un désastre (65). Un siècle après sa fondation, Lyon fut détruit par un incendie ; il suffit d'une nuit pour le réduire en cendres; rien, dit-on. ne resta de la cité; et Sénèque, toujours prêt à déclamer, disserta sans répit sur la fin de la Rome des Gaules-. En fait, les habitudes romaines étaient trop solidement établies au delà des Alpes pour que Lyon n'y fut pas indispensable. A peine abattue, la ville se releva ^ et, quelques mois après les phrases solennelles de Sénèque, elle reparaissait neuve et superbe, digne d'un séjour d'empereur".
Quoi que pussent penser Sénèque et Néron, cet Occident de l'Empire comptait autant dans le monde que les philosophes et les histrions de la Grèce. Les faveurs accordées aux Gaulois par Caligula et Claude^ amenaient peu h peu leurs conséquences; l'usage de la langue romaine s'était partout répandu ^ Plus
1. Je fais exceplion pour Marseille, à laquelle Néron a pu s'attacher, et parce qu'elle était grecque, et parce qu'il descendait de L. Domitius (p. 170). En tout cas, c'est vers ce temps-là qu'elle put reconstruire ses murailles (Pline. NXIX. 9). démolies sans doute par César (t. III, p. 601). — Autres faits : en 61, nouveau recensement des Gaules (Tac. Ann., XIV, 46); en 01. voyage onéreux de l'alTranchi impérial Polycléle (XIV, 30); en 03, levées forcées en Narbonnaise pour compléter
, les légions du Danube (XVI. 13); en 58, incendie des tourbières dans le pays de Cologne (.\I1I, 57); en 64. contributions exigées des cités alliées et libres (Tac, XV. 45; Dion, LXIll, 22, 2, Boissevain), ce à quoi s'applique peut-être ce (juc Zonaras (XI, 13) dit alors des Gaulois, |ïap-jvô,u.£vo'. -za.'.; sto-sopaï;.
2. Tac, Ann., XVI, 13; Sén.. Lettres, 91 [XIV, 3]. La très longue déclamation (le Sénèque ne nous apprend presque rien sur Lyon. Sur la date, cf. Ilirsclifeld, C. I. L., XIII, I, p. 252; d'une manière générale, Fabia, L'Incendie de Lyon .soiis Néron, dans la Revue d'Hisl. de Lyon, III, 1904, p. 5-23.
3. Néron lui donna a cet effet ([uatre millions de sesterces (Tac, Ann.. XVI, 13), autant qu'elle avait oiïert elle-même à l'Etat (p. 172, n. 2), mais ce qui élait, comme don de l'État, peu de chose.
0. Claude lit évidemment tout pour cela (Dion, LX, 17, 4) : Eî~:'ov jj.ï) ôcîv
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riches, instruits des lettres latines, devenus cito3'ens, ils s'éveillaient à une vie nouvelle, ils se sentaient des droits et des devoirs qu'avaient ignorés leurs ancêtres des temps d'Auguste et de Tibère'. La Gaule possédait dès lors de bons orateurs, capables de se faire écouter à Rome même-. Ces hommes n'étaient plus disposés à subir comme des vaincus le dédain d'un empereur et le despotisme de légats. Nous ne savons ce qui se passait au conseil de Lyon ou à celui de Narbonne : mais nous devinons que les délégués des cités ne craignaient pas d'y parler des affaires de l'Etat, d'apprécier ou de blâmer hautement leurs gouverneurs % Ce qui indignait certains sénateurs de Rome, amis de Sénèque. « Où sont les temps d'autrefois ». s'écriait l'un d'eux (62), « lorsque les provinciaux tremblaient à l'approche d'un envoyé du peuple romain? Ce sont maintenant les proconsul^ du sénat et les légats du prince qui s'effarent de peur devant les critiques des assemblées provinciales". » Les hommes politiques qui gouvernaient Rome, s'apercevaient avec étonnement que des puissances nouvelles, les provinces, entraient dans la vie publique de l'Empire en demandant qu'on leur fît placer