T. 1, p. 193 et s., p. 416 et s
L'EMPIRE RliMAlN. o
terres les plus lointaines de l'Occident et du Nord, sur les rivages de l'Océan, par lequel finit le monde'.
Si ce peuple avait réussi là où Alexandre eût peut-être échoué, ce ne fut pas, comme l'écrivaient ses historiens, parce que les dieux avaient voulu sa prodigieuse fortune '. Les causes de son triomphe se trouvaient, non dans le ciel, mais sur la terrée Rome était au milieu de l'Italie % et l'Italie était le pays central de la Méditerranée' : elle pouvait donc rayonner à la fois sur toutes les eaux, sur tous les rivages, sur toutes les terres qui dépendaient de ces deux noms; elle faisait face à l'Afrique, et elle s'appuyait sur l'Europe ; elle était à égale distance de Cadix, l'antique métropole de l'Atlantique'', et d'Alexandrie, la nouvelle conquérante de l'Océan Indien'. Par le port de Brindes, Rome et l'Italie regardaient l'Orient*; par celui de Pise, elles menaçaient l'Espagne et la Gaule"; par les cols des Alpes, elles maîtrisaient le Rhin et le Danuhe"'. Plus qu'aucun lieu du sol connu. Rome pouvait passer pour ce « nomhril » de la terre, dont les Anciens cherchaient la place ''.
Grâce à sa situation, Rome s'était mise en rapports avec les nations les plus diverses, les monarchies théocratiques de l'Orient, les villes fortes de la Méditerranée, les peuplades guerrières de l'Occident; et elle avait pu imposer son nom et ses lois aux formes les plus opposées de la vie humaine. Cette cité
1. Cf. t. 111, p. 321-2, 348-9. Cette marche des Romains vers l'Occident est déjà indiquée par Polybe, 1, 2, 6.