‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 4 sur 792 · T. L p. 47-8, t. 111, p. 283 et · texte numérisé non relu

T. L p. 47-8, t. 111, p. 283 et

11. l'lutarque, De dcfecla oraciilnrnm, 1. p. 409; Cic, De div., II, 36, 115.

avait vraiment joué le rôle d'intermédiaire entre tous les hommes, corps et âmes.

De ces contacts si différents, celui de la Barbarie occidentale, brutale et vii^-oureuse, et celui tle l'Orient, subtil et raffiné, il était résulté pour Jiome plus de puissance, plus de moyens d'action, plus de titres à devenir souveraine'. En face de l'hellénisme, elle se montrait comme une cité, aussi sainte que toutes les autres : les Grecs admiraient en elle des institutions pareilles aux leurs, elle s'était façonnée à l'école de leurs artistes, de leurs poètes, de leurs philosophes, elle avait transformé ses dieux suivant les imaij^es des dieux de l'Olympe, elle s'estimait tributaire de Delphes, et elle plaçait près de son berceau un héros chanté par Homère. — Mais, sous ces dehors classiques, l'Etat romain conservait des pratiques habituelles aux Barbares de l'Occident. Sa vie normale fut toujours de faire la guerre, de piller et de conquérir-, et rien n'avait changé à cet égard depuis les temps reculés où le peuple de Rome sortait en armes, chaque printemps, pour voler les bestiaux et les moissons du voisinage, emmener des esclaves et prendre des terres : la fondation de l'Empire s'expliquait, en dernière anah^se, par les passions qui remuaient sans cesse les nations gauloises et les tribus germaniques". Aussi ces Occidentaux devaient-ils reconnaître des maîtres de leur sang et de leur humeur dans les légionnaires invincibles et ensanglantés qui parcouraient la terre à la suite du génie des batailles*. Les Grecs les avaient couronnés de fleurs comme des frères revenus au foyer ^; les Barbares se prosternèrent devant eux comme devant des dieux plus forts que leurs dieux ^ Des motifs très opposés de respecter

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