Cf. Real-Enc, VII, c. 1180-1; etc
un demi-millénaire de distance, l'histoire de Rome se répétait dans la Gaule, et la grande cité adaptait à son Empire ses pratiques originelles de bourgade latine'.
Tout citoyen romain, de même qu'il est membre d'une gens, est aussi habitant d'une tribu. Si la f/ens le fixe dans le temps, la tribu le fixe sur l'espace. — La tribu était primitivement le canton du territoire romain où le citoyen avait son domicile légal. Puis, il en advint délie ainsi que de la gens : elle fut simplement un moyen commode de grouper et de recenser les citoyens romains, elle fournit des rubriques d'inventaire public, et ne servit plus à autre chose. Mais par cela même qu'elle sert peu, elle dure plus longtemps et se propage dans le monde. Dès qu'un Gaulois obtient le droit de cité, il est admis dans une tribu, il en ajoute le nom à celui de sa gens. Et le voilà, en principe, domicilié dans le canton du Tibre ou celui de l'Anio. dans une section administrative du territoire municipal de Rome-.
Pour éviter les complications, on avait pris ces deux usages très simples : que les citoyens romains d'une même origine ou d'une même cité seraient rattachés à la même tribu ^ et que la tribu des nouveaux citoyens serait celle de leur patron principal. C'est ainsi que la colonie d'Arles fut inscrite par César dans la tribu Teretina', que toutes les cités latines du Midi le furent par lui ou ses premiers successeurs dans la tribu VoUinia, et que plus tard la majorité des cités de la Gaule Chevelue furent assignées à la tribu Quirina, qui était celle de l'empereur Claude leur bienfaiteur ^
1. Cf. p. 241-2.246-7. — Il était du reste interdit à ceux qui n'étaient pas citoyens de prendre des gentilicia romains (Suét., Claude, 25, 3). Cf., sur cette question des nomina. encore trop peu étudiée. Mommsen, Staatsrccht, III, p. 205 et s., 11 et s.