XIV. — CLASSES ET ORDRES DE NOBLESSE
D'autres titres et d'autres privilèges, ceux-ci d'ordre social, servaient à distinguer entre les hommes. Les Gaulois, à peine arrivés dans la cité romaine, s'y groupèrent en classes différentes.
Ils y retrouvaient l'opposition entre esclaves et hommes libres, qui leur était d'ailleurs familière ' ; et ils la retrouvaient plus forte, plus marquée, que dans leur vie nationale-. — INIais les esclaves n'a3'ant aucun droit politique, il ne convient pas d'en parler ici. f'
Entre eux et les ingénus, qui étaient les hommes d'origine | libre, la loi établissait la classe intermédiaire des affranchis, ' avec plusieurs variétés juridiques ^ Il est possible que le » droit celtique n'ait point fait une situation à part à cette sorte d'hommes ^ Dans le monde romain, en tout cas, les affranchis portent toujours la marque de leur état social, et, chose étrange! moins comme un souvenir de déchéance que comme un signe de dignité. Ils détenaient d'abord la force que donne le nombre : la Gaule, devenue romaine, les vit pulluler dans d'étonnantes proportions ^ Puis, sur la multitude banale des prolétaires, ils possédaient l'avantage d'avoir su sortir de leur condition première, grandir par le travail, Thabileté ou la chance. Etre affranchi, le plus souvent, c'était une preuve d'intelligence, m d'ambition, de richesse*'. On tendait à voir en eux une façon
colonie faite par les cités : Instituta omnia populi Romani non sui arbilrii habenl (colonise). Quœ tanien condicio, quum sit mw/is obnoxia et minus libéra, potior tamcn et prœstabilior existimatur propter ampliludinem majeslatemijue populi Romani. 4