‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 351 sur 792 · Tac, Ann., XUl, 27; XIV, 53; etc · texte numérisé non relu

Tac, Ann., XUl, 27; XIV, 53; etc

CLASSES ET ÛllDllES DE NOBLESSE. 265

de groupe social, un ordre de noblesse populaire, si je peux dire, à peine inférieur à celui des chevaliers, bien supérieur à la masse informe des plébéiens'. Dans les familles, dans les villes, dans l'État même, ils avaient place à part, et presque toujours place d'honneur-. Un affranchi du prince était bien près, comme puissance et dignité, de valoir ou de passer un sénateur ^ Le fameux mot de Scipion Emilien, montrant Rome en proie à ses esclaves libérés", s'appliquait peu à peu à toutes ses provinces, transformées à son image".

Cette image de la cité romaine qui se dessine dans les Gaules, c'est celle d'une société de forme très aristocratique. Egalité et démocratie furent toujours, dans l'histoire de Rome, de flagrants mensonges. Au temps de la République, tous les citoyens eurent beau posséder leur tablette de vote : les plus riches, en la leur achetant, demeuraient les maîtres du scrutin. Au temps des empereurs, on eut beau donner à tous les hommes le nom de citoyens : une hiérarchie sévère maintenait entre eux des rangs séparés et des droits particuliers.

- L'ordre équestre, ou des chevaliers, fournit les gradés de l'armée et les chefs des services impériaux''. Il y a, parmi eux, toutes sortes de gens, des fils de nobles, des affranchis, d'anciens soldats, des marchands enrichis, des magistrats et des prêtres municipaux \ tous ceux, jeunes ou vieux, et si humbles soientils de condition première, qui possèdent de quoi servir à cheval (en principe du moins, car la plupart des chevaliers n'ont plus

1. C. /. L., XII, 4333 : à l'autel do la plèbe, à Nnrbonne, le service religieu.\ est fait par très cquiles Romani e plebu et très liber Uni. Kemarquez que l'on a dit ordo Awjuslaliuin (hors de Gaule, il est vrai) et que les Amjustales sont en majorité des liberlini; p. 347. Id corpus, dit Tacite des affranchis, Ann., Mil, 27; et l'on disait aussi ordo liberlinus (Aulu-Gelle, V, 19, 12; etc.).

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