‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 396 sur 792 · X. — DU POIDS DES DÉPENSES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

X. — DU POIDS DES DÉPENSES PUBLIQUES

J'incline cependant à croire que, durant la belle époque de l'Empire, toutes ces charges réunies ne firent jamais un fardeau exorbitant.

Aucune, à proprement parler, ne fut une surprise. Les Gaulois avaient payé tribut à Arioviste, et sans doute les peuples sujets aux nations souveraines; dans chaque cité, les habitants acquittaient des taxes de tout genre'. L'administration impériale donna à la fiscalité des modes plus réguliers : elle ne la bâtit pas de toutes pièces.

Que certains agents du fisc se soient montrés impitoyables ou concussionnaires, on le sait par l'histoire de Licinus-. Que certains peuples se soient irrités de l'impôt jusqu'à prendre les armes, on le vit après le départ de Germanicus^ Mais, à se rendre un compte exact des choses, on s'aperçoit que les hommes ont protesté, non pas contre une charge trop lourde, mais contre des procédés vexatoires '. Lors de la grande révolte de 70, le poids de l'impôt ne servit jamais d'argument aux amis de la liberté ^ Et le légat de Vespasien n'hésitait point à leur dire que la Gaule payait juste assez pour entretenir les armées du Rhin, et se mettre ainsi à l'abri derrière ses frontières ^ Ce qui était, du reste, une exagération d'orateur. Car la Gaule payait pour bien autre chose : pour ses routes, ses bâtisses, le traitement de ses fonctionnaires et les folies de ses empereurs.

Encore faut-il rappeler, au sujet de chacun de ces chapitres, que les contribuables ne furent point les seuls à fournir aux

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