DU POIDS DES DÉPENSES PUBLIQUES
dépenses. Elles étaient imputables, pour une forte part, à d'autres ressources qu'aux impôts. Nul gouvernement ne s'est mieux entendu que celui des empereurs à soutenir le budget public par des dons volontaires, des emprunts forcés, des fonds de concours. Il avait hérité ces pratiques des cités municipales de la Grèce et de l'Italie : il n'eut qu'à les appliquer à l'entretien du monde.
S'agit-il du traitement des hauts fonctionnaires? Si élevé qu'il fût', ils dépensaient d'ordinaire plus qu'ils ne recevaient, car ils menaient grand train, avaient vaisselle plate et armées d'esclaves. Mais on les choisissait parmi les sénateurs les plus riches : c'était l'ambition et le désir de paraître qui, plus que l'avarice, les poussaient dans la carrière administrative. S'ils ont ébloui la Gaule de leur luxe, ils le tiraient le plus souvent de leurs propres ressources, et non pas de méfaits à la Fontéius : elle profitait de leurs richesses au lieu d'en pâtir-. A l'exception de Licinus, aucun des maîtres de la Gaule que nous connaissons ne fut l'objet d'accusations ou de poursuites. Nous possédons une longue liste de procès intentés par les provinciaux à leurs gouverneurs : la Gaule n'est point représentée dans ces affaires. Elles concernent surtout l'Espagne et l'Asie '. Au delà des Alpes, les deux conseils des Gaules faisaient sans doute bonne garde contre les concussions et les excès de pouvoir'.
S'agit il des folies impériales? Il est rare qu'un prince, même un Néron ou un Caligula, recoure aux impôts pour payer ses prodiges de dépenser Ces despotes (et c'est l'un des traits dis-
1. Entre un million de sesterces pour cert.iins proconsuls (Dion, LXXVIII, 22, 5) et GO 000 pour certains intendants (Hirschfeld, Verw., p. 4.33 et s.).
2. Sur cett(! richesse et ce luxe des gouverneurs de Gaule : Tac, Hisl., Il, o9; Agi-., 9, cf. 4 et G; Pline. XXXIV, 47; XXVI, 4; XXXIII, 143; Tac, llisL, 1V,14; etc. Ici. p. 421.