‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 5 sur 792 · Cf. t. II, p. 1S · texte numérisé non relu

Cf. t. II, p. 1S

5. Tite-Live, XXXIII, 33. 2; Strabon, V. 3, 5. C. T. III, p. 249-250, o32-3, 563; t. IV, p. 110.

l'empire romain. 7

et d'obéir maintenaient la communion des hommes autour du nom romain.

On pouvait de plus en plus donner à ce nom le sens d'un nouveau nom du genre humain : car il embrassait, dès lors, tout ce qui aA'ait compté dans l'histoire du monde par sa force ou par sa vertu'. Ce qu'on appelait l'Empire romain, au temps de César, ce n'était pas seulement Rome, son peuple, son Capitole et son hnperator, mais c'était encore Carthage et les ruines de son domaine africain, la Gaule et le souvenir des terreurs celtiques-, Cadix et ses routes de la mer, Alexandrie et le tombeau du grand roi, Athènes et la pensée de Socrate, Troie le plus riche fover de la poésie, Delphes le plus fameux sanctuaire de la religion : ces noms de héros, de villes ou de temples, qui se sont imposés au culte de tous les hommes, Rome les domine et les protège maintenant, et ils collaborent avec elle à faire l'unité morale de son empire \

L'Empire romain parut donc, aux yeux des contemporains de César, la conclusion providentielle de l'histoire des mortels *. On se plut à négliger les peuples et les terres innombrables qui ignoraient ce nom de Rome : Bretons, Germains ou Scythes au delà du Rhin et de l'Océan, Ethiopiens au sud des déserts, et même ces Parthes et ces Indiens devant lesquels avaient reculé Alexandre et Pompée, tout cela, disait-on, ou ne valait pas son prix d'hommes, ou ne demandait qu'à obéir à la cité romaine ^

Personne n'hésitait à voir dans le monde entier le lot et le domaine de cette cité, à confondre en une seule et même expression l'humanité et l'Etat romain : genns humanvm, « le genre

1. Idée développée en partie par les Anciens : Folybe, 1, 2; Tite-Live, XXXVl, 17, 14-l.j; Slrabon, XVll, 3, 24; VI, 4, 2.

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