NOMS DE PEUPLES ET NOMS DE VILLES
à ce régime municipal qu'au temps de la servitude romaine. Il ne put appliquer à la pleine jouissance de la vie régionale les énergies variées que la liberté met seule en branle. Ces villes et leurs peuplades, façonnées sans relâche par l'exemple ou les ordres de Rome, finirent par se ressembler toutes, alors que la nature a mis entre elles des différences infinies. Il faudra attendre près d'un millénaire, au temps des communes et des grands évêques du treizième siècle, pour que chacune de ces régions de France s'épanouisse enfin autour de sa capitale, pour que Lyon ou Bordeaux, l'Auvergne des Arvernes ou la Champagne des Rèmes donnent toute la mesure de leurs qualités naturelles, comme Athènes la donna sous Périclès et Syracuse sous Hiéron. Encore ne suis-je point sûr que le passage sur notre sol de la loi et des mœurs roniaines n'ait pas étouffé pour toujours quelques-unes des facultés propres de nos patries provinciales.