Cf. p
celle d'Athènes dans FAttique ou de Rome sur sa campagne. L'Attique, Yager romanus, ce n'était rien, comme population ou ressources, à côté de la force que faisait la ville maîtresse. II en allait tout autrement dans les Gaules. Autour de Reims ou de Bourges, s'étendait l'immense région de la Champagne ou du Berry, dix ou vingt fois plus d'hommes et de richesses que dans le chef-lieu. Sur ces territoires de cités, il y avait souvent d'autres grandes villes que la capitale, à peine inférieures à elle : Orléans chez les Carnutes valait Aiitricum ou Chartres, leur métropole ; et, chez les Éduens, Mâcon, Chalon ou Nevers n'étaient point, même au regard d'Autun. de misérables bourgades. Traiter ces villes et leur territoire de banlieue d'Autun, ceùt été interA'ertir les rapports naturels des choses. Autour d'Athènes ou de Rome, l'Attique et ses dèmes, le vieux Latium et ses villes mortes, recevaient leur gloire, leur richesse, leur sécurité, de la ville superbe, énorme et populeuse qui les maîtrisait. A Autun, à Reims, à Bourges, à Chartres, la valeur de la métropole tenait à la grandeur du peuple assemblé autour d'elle : ce qui faisait quelque chose de Clermont, c'est d'abord qu'il était le centre de la cité des Arvernes.
De ces deux noms, celui de la cité et celui du chef-lieu, il n'y avait encore, dans les provinces de la Gaule Chevelue, aucun motif juridique à ce que l'un s'effaçât devant l'autre. Qu'un Autunois, devenu Romain, cessât d'appartenir à la cité des Éduens pour ne plus se considérer que comme un habitant d'Autun : cela, en théorie, allait de soi^ Mais ce territoire municipal ne renfermait pas que des citoyens romains. Beaucoup de ses habitants, surtout dans les campagnes, conservaient leur antique nationalité : il était permis et naturel de les traiter, comme au temps de la liberté, de « citoyens éduens ». En droit romain, ils n'étaient pas autre chose'.
1. Je dis, en théorie; car, en fait, ils ne perdaient pas la cité éduenne; cf. p. 331.
2. Pour les changements ultérieurs de noms, cf. p. 525 et s. Remarquez que,