‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 416 sur 792 · LES LOIS DES CITÉS · texte numérisé non relu

LES LOIS DES CITÉS

La persistance de ces noms glorieux d'Arvernes ou d Éduens, celle de ces titres imposants de « cité » ou de « peuple », ne permettaient cependant aucune illusion. Une cité gauloise, malgré les souvenirs historiques que rappelaient titres et noms, n'est plus, tout comme Athènes ou Carthage, qu'un organe de l'administration romaine. Mais il en est (et c'est ce qui maintient la transition avec le passé) l'organe local et indigène.

On donnait à ces sociétés politiques différentes appellations, suivant leur origine. Celles qui avaient été créées ou transformées au profit d'immigrants, prirent le nom de « colonies » '; on s'habitua à désigner comme « municipes » celles qui avaient reçu le droit latin ou la bourgeoisie romaine sans être colonisées - ; les peuplades demeurées gauloises gardèrent le titre de civitas, sous lequel César avait parlé d'elles '\ — Mais, colonies ou non, toutes les communautés politiques de la Gaule furent soumises peu à peu à des règles pareilles, qui firent disparaître les divergences initiales^.

Elles sont toutes également des corps publics, des êtres civils et religieux, des personnes juridiques et morales. Chacune constitue une respublica^ . Et cela veut dire, par exemple,

dès Tacile, dans le langage courant, on n'appelle déjà plus Trêves de son nom de ville, Augusta, mais du nom de son peuple, Treveri ou colonia Treverorum (Tac, H., IV, 62, 72. 75). Elle est colonie, mais latine et honoraire (p. 262, n. 1).

1. Ici, p. 321; p. 31-.33, 36, 43-47, 77-78, p. 175, n. 3; cL p. 262, u. 1-6.

2. El, en Gaule, plus particulièrement les cités de droit latin (cf. p. 280, n. 6) : G. /. L., XII, 94-5: Tac, //., I, 66 : Lucus, inunicipium Voconiiorain {rÂ. I, 67); Aulu- Gelle, XVI, 13, 6.

3. Cf. t. II. p. 19. Tac, Ann., III, 41, 43, 44; Hid., 1, 63 (où civitas est employé simultanément dans le sens de commune et de ville chef-lieu); C. 1. L., XIII, 566, 1129, 1918, 3076-7, etc. — Popiili, chez Pline (iV, 105). — Génies, chez quelques écrivains (Tac, Ann., III, 43; //., 1, 67). — Natione .■Eduus (C. /. L., XII, 3325), sans doute avec le sens de natus apud .i:duos.

4. Cf. Aulu-Gellc, XVI, 13, 9 : ce qui explicjue, dit-il (1-3), pouniuoi l'e.xpression de municipium s'est étendue de son temps à toutes sortes de cités. U en fut de même de celle de civitas (p. 320, n. 2).

Page 1