XIII. — DES FINANCES MUNICIPALES
Une cité, comme celle des Eduens ou des Viennois, demeurait donc un corps, je ne dis pas très puissant, mais très riche, capable de faire beaucoup par lui-même.
Ses ressources financières étaient autonomes, c'est-à-dire ne provenaient pas d'une allocation de l'Etat. — La majeure partie en consistait dans des propriétés communales', biens-fonds, pâturages, forêts, salines, mines, carrières et manufactures même'. Un peuple gaulois possédait, je crois, d'immenses domaines, riche patrimoine formé par les siècles et auquel Rome conquérante n'avait point voulu touchera Or, ce genre de revenus municipaux, si du moins il est bien administré, est celui qui grève le moins les particuliers et qui fait la vraie richesse d'une cité : il ne tenait qu'aux Gaulois de garder cette richesse. — Puis venaient les taxes locales \ amendes % concessions d'eau \ péages et octrois, droits de marché, de port, d'ancrage, de stationnement, de contrôle sur les poids et mesures, toutes choses sur lesquelles nous sommes mal renseignés ^ — Il faut ajouter, comme source extraordinaire de bénéfices publics, les
1. L'importance de ces biens peut être tirée de l'existence, chez k's Voconces, d'un prœfectus... privat(is) (XII, 1368 : interprétation douteuse, p. 289, n. 2), de la confiscation des reditus de Lyon faite par Galba (Tac, H., I, 6o).
2. Ferrariœ (municipales'?) pour Nimes, XII. 3336; pour Narbonne, 439S {cnnduclor ferrariarum ripœ dextrse, de l'.\ude'?); peut-être pour les Vellaves (XIII, 1376-7: cf. p. 442, n. 6). — Pour les figlinœ, cf. C. /. L., XU, 2401. Il est fort possible que les potiers appelés Arvernus, Biluri.r, Rutenus, Tribocus, etc., aient été des esclaves municipau.x charriés di's J'ujliiur de la ville. — Cf. p. l.")4, n. G.