‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 472 sur 792 · PROGRÈS DE LA VIE FAMILIALE · texte numérisé non relu

PROGRÈS DE LA VIE FAMILIALE

demeure, on l'embellit « pour soi et ses descendants »', on éleva à ses ancêtres des tombeaux de pierre, indice d'un culte qu'on voulut éternel-. Alors, la famille gauloise prit sur le sol de plus profondes racines \ elle unit plus étroitement sa vie à la vie de la terre, elle se rapprocha de l'idéal qu'avait tracé le monde gréco-romain : une société perpétuelle d'êtres vivants, qri communie autour d'un foyer avec les morts de son passé et les Génies de son domaine".

' Les plus pauvres purent espérer une vie pareille. Eux aussi eurent moins souvent à battre la grande route. Il leur fut loisible de s'arrêter quelque part sur la terre : ce que les puissants seigneurs de l'ancienne Gaule, incorrigibles coureurs d'aventures, interdisaient souvent k la plèbe affamée qui mendiait leurs aumônes*. La domination romaine a supprimé cette multitude de vagabonds que l'anarchie politique jetait sur les chemins de la Gaule ^ Elle a bâti partout des villes où ils peuvent se réfugier, chercher un métier, et, s'ils ont l'amour de l'ordre et la volonté du travail, se créer un foyer et un tombeau ' . liiches ou pauvres, les familles de la Gaule romaine se ressemblèrent en ceci, qu'elles prirent toutes des noms collectifs et héréditaires. Ces noms étaient illustres pour les unes, qui s'appelaient des Jules ou des Lucter; ils étaient obscurs ou vulgaires pour d'autres, qui se nommaient des Severii ou des Secundinii, souvenir du surnom banal reçu par un misérable ascendant*. Mais chez toutes, ces noms se transmettaient de père en fils, ils garantissaient aux plus humbles familles une continuité dans le temps, comme les foyers leur assuraient un asile sur l'espace.

1. C'eslla foi'imilcdo certaines épitaphes : sibi,... omnibus suis poslerisgue; C.I.L., XU, 88.

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