LES GOUVERNEURS
Chacune n'obéissait qu'à un seul homme, le gouverneur ou prœses^, envoyé de Rome, délégué universel de l'Etat souverain -. Peu importe qui le nomme : le sénat dans la Narbonnaise, et Auguste dans les autres provinces ^; — peu importent les titres ou dignités que l'Empire se plut à multiplier pour distinguer entre ses fonctionnaires : « proconsul » de rang « prétorien » en Narbonnaise \ « légat » de rang « prétorien » dans chacune des trois autres Gaules, « légat » de rang « consulaire » dans chacune des deux Germanies % « préfet » ou « procurateur » militaire dans chacune des trois Alpes '^; — peu importe leur condition sociale : les proconsuls et les légats, d'origine sénatoriale, les préfets et les procurateurs, d'origine équestre " : — quel que soit son nom, le gouverneur est comme un vice-empereur. Le nouveau régime n'a rien changé, sur ce point, à ce que la République avait établi ^ Proconsul, légat ou préfet sont, ainsi que l'avaient été Fontéius et César^ commandants de la force armée '", juges suprêmes ", chefs de police'-, inspecteurs des bâtiments et
1. L'expression est devenue, sous l'Empire, générale pour tous les gouverneurs i Suétone, Aug., 23). Elle est en germe dans le prœesse de l'époque républicaine (t. III. p. 98, n. 6).
2. C'est ce que signifiait l'axiome juridique : Omnium Romœ magislraluiim vice el officio fuiuji débet {Digeste, I, 18. 12; cf. il et 10). — L'installation d'un intendant impérial (ici, p. 421 et s.) ne parait pas avoir été regardée comme une infraction à celte règle, le procurator n'étant pas un magistrat, et d'ailleurs l'empereur ayant on droit Vimperiiun souverain dans chaque province.