LES INTENDANTS
y maniait les finances. Il percevait les revenus de l'Etat, il pa3'ait les services publics. Et c'était là son rôle essentiel'. On y ajouta de bonne heure certaines attributions contentieuses et juridiques : les procès du fisc furent portés devant lui-, ce qui le faisait ju^e et partiel La juridiction fiscale ne lui suffit pas : par des empiétements successifs, il pénétra dans le domaine de la justice civile et criminelle". Et on le vit entrer à la fin en concurrence et conflit avec le gouverneur, son supérieur en pouvoir et en dignité ^
D'ailleurs, les impôts d'Empire étaient si nombreux et si variés, leur perception exigeait un personnel si considérable de sous-intendants % chefs et commis de bureaux', soldats même^
1. Dion. LUI, io, 3; Strabon, IIL 4. 20. — II y a cependant, à cet égard, discussion pour leur rùle dans les provinces proconsulaires (Dion, LIU, 15, 3; Digeste, l, 16, 9, pr.); cL Mommsen, Staatsrechl, II, 2" éd., p. 2oG [.3" éd., p. 267-8] et 965.
2. Au moins depuis Claude en .53 (Tac, Ann., XU, 60). — La question est de savoir si la connaissance de toutes les affaires fiscales allait au procurateur de la province, ou si chaque procurateur spécial (XX', etc.) jugeait celles de son service.
.3. Les intérêts du fisc étaient soutenus, depuis Hadrien, par les advocati fisci (Hirschfeld, p. 48 et s.). On en délègue souvent un par province : eleclas ad causas fisci tuendas in provincia Alpium Maritimaruin (Gagnât, Année épigr., 1888, n" 132); functo advocatione fisci... Alpium (C. /. L., VIII, 11341).
4. Nombreux exemples dans les recueils juridiques; Hirschfeld, Verw., p. 403.
5. Tacite, Agr., 9; Hist.. I, 12; I, 58; etc. Ici, n. 4. CL p. 198, n. 8. — C'est sans doute pour éviter des conflits que Tintendant de Belgique et Germanies (p. 422, n. 1) résidait à Trêves, non à Reims. Cologne ou Mayence (p. 420, n. 3).
6. Subprocurator pour la Belgique seulement, peut-être comme subdivision de la grande intendance (p. 422, n. 1) : C. /. L., III, 6065, 14195, 4-9 (mais c"est peut-être aussi un adjutor procuratoris pour l'ensemble de celte intendance). — L'adjulor procuratoruin [sic] pour les cités de Sens, Paris, Autun, Troyes et Meaux (XIII, 2924), me paraît être un subprocurator de la grande intendance de Lyonnaise et Aquitaine. — Le procurator Lactorœ (V, 873) me parait plutôt un intendant de domaines impériaux dans la cité de Lectoure. — Le procurator Ao-jyoo-jvoj (C Jnscr. Grxc. 3888) me parait un procurator ordinaire de Lyonnaise et .\(iuilaine.
7. Au chef-lieu (?) de l'intendance, des adjutores procuratoris (XII, 671 ; cf. XIII, 2924?), peut-être les mêmes que les subprocaratores (n. 6). — Chaque province a sa trésorerie, fiscus, avec caissiers en chef, dispensatores (p. 422, n. 6; VI, 8578; peut-être XIII, 1054, 1818, 1824 et 3461), et sous-caissiers, arcarii{\\, 8374). A côté d'eux, les employés de bureaux, tabuiarii, etc. Cf. Hirschfeld, p. 460 et s. — Pour les employés des caisses spéciales, p. 304-8, notes.
8. Gomme les gouverneurs (p. 420, n. 7), les intendants ont leurs soldats détachés, bcneficiarii (Gagnât, Année ép., 1910, n° 119), cornicularii (.\I11, 1810), exacli ou expéditionnaires? (XIII, 1822, 1847). Von Domaszewski, liangordnung, p. 60-67.
que \e procurator de la province avait sans doute plus d'affaires à traiter et plus dhommes à commander que le gouverneur lui-même. Comme dans la France contemporaine, les services et les employés de finances dominaient de plus en plus la vie administrative : l'empereur mis à part, les comptables devenaient les vrais chefs de l'Etat. Et quant aux provinciaux, qui avaient plus souvent des taxes à payer que des procès à soutenir, ils devaient voir dans l'intendant le plus gênant et le plus redouté de leurs deux maîtres.
Le gouverneur et lui n'étaient pas les seuls agents supérieurs que l'État envoyât dans les Gaules. Certains services administratifs avaient leurs chefs particuliers, relevant directement de Rome et de l'autorité centrale : tels étaient le recrutement des troupes', le recensement-, le levée de l'impôt sur les successions \ la gestion des domaines impériaux*, l'achat et le transport du blé pour l'approvisionnement de Rome ''. la direction des messageries et postes de l'Etat". Ces chefs, nommés direc-