‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 547 sur 792 · C. /. £,., XII, 6038, ligne · texte numérisé non relu

C. /. £,., XII, 6038, ligne

5. Dans un article d'une grande finesse, KrascbeninnikolT (p. 425, n. 3) a essayé de prouver que le culte provincial de la Narbonnaise avait été organisé par Vespasien. De fait : i la loi du flaminat (p. 428, n. 6), formules, style et gravure, convient mieux aux Flaviens qu'à Auguste; 2° aucune mention d'un flamine de la province (p. 427, n. 3) n'est à coup sur antérieure à Domilien; 3" une inscription d'Athènes (G. /. Att., III. 623-4), du début du second siècle, mentionne un Toulousain, Quintus Trébellius Rufus. comme àp-/'.£p£a Tiptotov i-7.y/z'.x; Tr,; iv. Nip^-rivo;, c'est-à-dire qui aurait été Jlainen primiis de la Narbonnaise quelques années auparavant. — Mais, comme il est difficile de supposer que le conseil de Narbonne n'existât pas dès le temps d'Auguste, également impossible de supposer et un conseil de ce genre et une province sans un culte et un culte impérial, voici ce qui peut tout concilier. — Auguste n'aura permis pour la Narbonnaise, comme pour les Trois Gaules, qu'un autel et un simple prêtre à son nom. Le temple sera venu après: et, plus tard aussi, le sacerdos aura été

Chacune des cités de la Xarbonnaise envoyait ses délégués au conseil', et ces délégués étaient considérés, non pas comme les sénateurs d'une curie, mais comme les prêtres d'une église'. Ils avaient un chef ou président, qui ne s'appelait ]^oini priiiceps ou magistrat, mais grand-prêtre : il était « le flamine de la province », flamen prov/nciœ\ titre qui faisait de lui le représentant de cette province auprès des puissances divines. Il résultait de cela que la Gaule Narbonnaise aurait désormais un autel, un temple, un culte communs, que sa métropole deviendrait le foyer d'une religion, qu'elle-même serait une fédération de cités unies par un lien sacré. Or, il n'y avait pas dans le monde antique un lien plus fort et plus solennel que celui qui

remplacé par un Jlamen : et si la loi de Narbonne est de Vespasien, elle aura réglé les conditions du flaminat alors institué. N'oublions pas, en effet, que le (laminât est une prélriso supérieure au simple sacerdotiiun (C. /. L., YIII, 12039; II, 4248). organisée à la romaine (cf. Dict. Saglio, au mot Flamen, p. 118U-1), et il est donc possible que, pour l'instituer en Narbonnaise, on ait attendu que la province n'ait plus renfermé que des togati. On oublie toujours qu'un culte comportait des degrés, ara, sacerdos, temphim, Jlamen, qui n'étaient point franchis immédiatement par toutes les provinces et par tous les dieu.x; cf. p. 437, n. 7.

1. On ne peut dire s'il y avait un ou plusieurs délégués par cité. Le titre officiel (qui manque pour la Narbonnaise) parait avoir été celui de legalus (cf. Guiraud, p. 61 et s.). Cf. p. 440, n. I. — Dans un de ses derniers travaux et peut-être dans son dernier (p. 425. n. 3), Mommsen a bien vu, lui le premier, qu'une question se posait à propos de ces ligues provinciales que constituaient les conseils : les colonies romaines pouvaient-elles en faire partie? et il n'hésile pas à croire que non (m der Narbonensis scheinen die Biirgersliidle von dem Stndleverband ausgeschlossen gewesen zu sein). Et je crois bien que, pour l'époque primitive, il a pu en être ainsi, et en théorie, peut-être, plutôt qu'en fait. .Mais il semble bien que, de très bonne heure (avant Néron), on a dû cesser de maintenir une e.xclusion qui. honorifique en principe, devint très vite, pour Narbonne ou Arles par exemple, une cause d'infériorité: cf. p. 420, n. 6. Il y a, en cette matière, quantité de nuances juridiques (jui nous échappent : les délégués des colonies romaines pouvaient, par exemple, prendre part aux délibérations politiques, et s'interdire certaines cérémonies religieuses (ce qui explique l'absence, jusqu'ici, de flamines provinciaux originaires de Narbonne, n. 3).

2. D'après l'expression (dans C. /. L., Il, 6278, 1. 1415) de sacerdoles Jidelissimaram Galliarum vestrarum, qui doit viser des délégués des Trois Gaules (p. 440, n. 1-2). 11 ne serait pas impossible ([ue la qualité de prêtre muniripnl (p. 344-6) ait été requise pour cette legatio.

3. Provinciœ flamonio funclus. XII, 327."). On connaît surtout des Nimois comme flamines' (XII, 3275. 3212-3, 3184), un Arlésien (XII, 392, celui-ci peut-être seulement sacerdos templi), un Toulousain (p. 426, n. 5), des Viennois peut-être tXIl. 2316, 2235; llerzog, n"501). Tous paraissent avoir été on^nibiis honoribus in pulria sua funcli.

se nouait autour des autels de dieux : c'était ce lien, plus encore que les formules de la loi ou les ordres d'un maître, qui constituait une ligue de peuples ou l'unité d'une nation '. Et si nous avons prononcé si souvent ce mot de nation à propos de la Gaule indépendante, ce n'est pas parce qu'elle avait obéi au roi des Bituriges ou à celui des Arvernes, mais parce que tous les prêtres de toutes ses cités s'étaient réunis en église dans un seul sanctuaire au nom d'un même dieu-. C'est ce qui se passe maintenant dans la Gaule Narbonnaise.

D'une nation ou d'une ligue, elle ne reçut, cela va sans dire, que l'extérieur, que l'appareil religieux \ Elle ressemblait beaucoup moins à la Gaule indépendante qu'à ces sociétés de prêtres qu'on appelait « la ligue latine » S « le nom étrusque » % anciens corps politiques réduits à l'état de fantômes sacrés. L'office principal des membres du conseil de la Narbonnaise était leur office religieux. Nous possédons un fragment important du règlement de ce conseil : il n'y est question que de cérémonies, de costume et d'étiquette ^

Ajoutons que les dieux assignés à la province ne furent point des dieux gaulois. Comme son gouverneur et sa loi. ils lui vinrent de ses maîtres. Ces dieux, c'étaient Rome" et Auguste, les deux souverains de l'Empire considérés dans leur essence

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