‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 591 sur 792 · LES DANGERS UE L EMPIRE · texte numérisé non relu

LES DANGERS UE L EMPIRE

tâche, sans qu'aucune de ces deux forces put maîtriser l'autre'. Dans la province, l'antique despotisme du gouverneur se heurtait à la liberté d'une nation reconstituée-. Au-dessus de tout •et de tous, l'empereur demeurait l'arbitre suprême.

Mais il fallait bien cette autorité sainte et absolue pour dominer et modérer la vie publique de l'immense Etat\

Dès que manquait la direction unique et souveraine, il se disloquait dans les querelles et l'anarchie. Comme toutes les vastes sociétés politiques, il était un extraordinaire assemblage de choses disparates, d'idées contraires, d'êtres ennemis. L'Empire romain ne différa point de ceux des Achéménides et d'Alexandre, dont il était l'héritier ^ Ne nous laissons pas tromper par la solennité des formules épigraphiques et des textes de lois; cela, c'est la façade consacrée de l'édifice, vaine et mensongère comme l'éloge d'un mort ou une harangue officielle : elle nous cache la vie réelle des hommes et des peuples qui occupaient cet édifice, leurs envies et leurs haines. Et les passions de cette sorte étaient alors d'autant plus nombreuses que l'Empire était plus étendu.

Ne sortons point d'abord de la Gaule. Là, dans l'intérieur des cités, ce sont les luttes éternelles entre villes et campagnes, sénateurs et prolétaires, seigneurs et paysans, maîtres et esclaves, riches et pauvres; et, comme les campagnes sont plus riches et les villes plus grandes, de plus fortes armées s'y préparent pour les jacqueries el les émeutes de l'avenir '. De cité à cité s'échangent des propos malsonnants : et, si l'empereur n'y prend garde, la bataille recommencera entre Vienne et Lyon, I/mgons et Séquanes. Renies et Trévires*"'. Les régions voisines.

Page 1