ANTÛN'IN LE PIEUX
de soi, il sut se contraindre lui-même à une prodigieuse tension du corps et de l'esprit. Quand la vieillesse arriva, c'est alors seulement qu'il arrêta ses courses. Il se retira près de Rome : mais il ne cessa point de veiller à ce que rien ne se perdît des salutaires habitudes qu'il avait données au monde'. Les choses changèrent lorsqu'il mourut, et on commença à se reposer après tant de peine (138).
YII. — ANTU.XIX LE PIEUX ^
Son successeur, Antonin le Pieux, fut un homme parfait, travailleur, honnête, consciencieux, économe, doux et juste \ patriarche aimable plutôt que grand empereur. Il détestait les voyages autant que les guerres, parce que les uns coûtent de l'argent et les autres des hommes; et durant son règne, il ne bougea pas du Latium % comme s'il voulait faire contraste à la fois avec Hadrien et avec ïrajan.
Sa famille était originaire de Nîmes en Narbonnaise'. Il s'abstint quand même de visiter la Gaule et de s'y montrer en empereur. C'est de loin qu'elle reçut ses bienfaits. Narbonne, détruite par un incendie, fut reconstruite à ses fraisa II fît procéder à une réfection générale des routes du Midi '. Alais
1. ut domum privatain paterfamilias, dit très exactement de lui son biographe (Hadr., 20, 11). — Sur les innovations militaires attribuées à Hadrien, cf. p. 474, n. .3.
2. T. Aurelius Fulviis Boiouius Arrius Anlonlnus, empereur sous le nom de iiiip. Caesar T. ASllus Hadrianus Antoninus Augustus Plus. — Lacour-Gayet, Antonin le Pieux, 1888.