T. 111. p. 239 et s
d'Arioviste ', franchirent brusquement le Danube comme une horde de furieux, et bientôt leurs avant-2:ardes, passant à travers rillyrie épouvantée, traversèrent les Alpes Juliennes, et se montrèrent aux portes de la colonie italienne d'Aquilée-.
C'était, pour le monde romain, la plus terrible leçon qu'il eût reçue depuis l'invasion des Cimbres. Elle lui rappelait que, si fortes que fussent ses frontières, il fallait toujours y faire bonne garde, et que peut-être même elles seraient impuissantes contre une pesée de tous les Barbares. Car, à dire vrai, ce n'était pas le poids des seuls Suèves qui avait rompu la barrière : derrière eux, se hâtant vers l'ouest, se pressaient les Goths, les Vandales, les Burgondes, les Lombards, hommes de la Germanie lointaine^: derrière ceux-ci. d'au delà les rives de la Vistule, arrivaient d'autres bandes, des Boxolans et des Alains des steppes *. La poussée partait à la fois du fond de la Baltique et du fond de la mer Noire, pour finir sur le Danube multipliée par la force de millions d'hommes ^ Là, elle frappait au point le plus vulnérable de la frontière, elle visait au cœur de l'Empire : une rupture du rempart, à Vienne ou à Carnuntum, c'était le monde romain coupé par le milieu, séparé de nouveau en Orient et Occident, et c'était l'ennemi sur le chemin le plus court et le plus facile qui menât en Italie ^
Par bonheur pour lEmpire, les autres régions ne furent point menacées et purent envoyer des contingents d'hommes à la délivrance des provinces danubiennes. Marc-Aurèle ne quitta plus la frontière, et il usa le reste de sa vie à réparer le désastre '.
Son intelligence d'homme d'Etat lui montra la manière