‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 630 sur 792 · LES PREMIERS CHRETIENS DE GAULE · texte numérisé non relu

LES PREMIERS CHRETIENS DE GAULE

II y entra par Marseille, apporté dans la ville grecque par

I quelque disciple des apôtres, peut-être par saint Paul lui-

I même, désireux de révéler « la bonne nouvelle » aux cités de

I l'Occident \ De là, le nom du Christ monta vers l'intérieur,

cherchant à se faire entendre dans les villes les plus riches

et les plus populeuses. Ce fut surtout à Lyon qu'il trouva bon

accueil, grâce à la nombreuse colonie de Grecs et d'Orientaux

qui y faisaient le commerce-.

Mais ses progrès furent alors dune extrême lenteur. C'est peut-être sous Xéron (vers (53) que le premier évangéliste s'arrêta dans Marseille ^ Un siècle plus tard, on ne trouve d'églises constituées qu'à Vienne et à Lyon". Encore n'étaient-elles ni

FaÀ/.iav {Ép. à Tiinolhàe, II. 4, 10: texte authentique: cf. yovum Testam. Sinailicuni, p. 97*. etc.). Il est fort probable qu'il s'agissait de la Galatie, comme oa l'a soupçonné dès le IV' siècle (Eusèbe, III, 4, 8, Schwartz : il y a « Galatie • dans la traduction en syriaque: Épiphane. LI, 11; Théodoret. Ad Tim., Il, 4, 10, Migne, P. Gr.., LXXXII, c. 853: etc.). Toutefois, la preuve n'est pas faite en faveur de la Galatie, et l'envoi d'un missionnaire aux colonies gréco-asiati(jues de Marseille, Vienne et Lyon, ne me parait contraire ni à l'ensemble de ce document ni à la politique de saint Paul. Songeons aux rapports commerciaux entre l'Asie et Lyon (cf. p. 486: t. V) et à l'attraction qu'ont pu exercer sur les évangélistes les colonies juives de Vienne et de Lyon ip. 88, n. 7. p. 161, n. 7).

1. Cf. p. 484, n. 5. Marseille étant un lieu d'arrêt habituel sur la route de Rome en Espagne (t. 111, p. 126-7), il est fort probable, si saint Paul est allé dans cette dernière province (et ce n'est pas impossible : Épitre aux Romains, 15, 24; Clément Romain. Première aux Corinthiens, o, 6 et 7, 7.r,yj':. i-i -f, o-izi:; Canon de Muratori, f' 10 v°'. il est fort probable qu'il a séjourné un instant à Marseille, et je ne me représente pas Paul s'abstenant de prêcher. D'autant plus que Marseille, ville grecque, et très célèbre, centre d'enseignement, centre d'un culte fameux d'Artémis (t. 1, p. 4321, résidence de nombreux Orientaux, Marseille était un de ces beaux champs de propagande comme Paul les aimait. — Or, la plus ancienne inscription chrétienne de la Gaule, et peut-être du monde, est de Marseille, trouvée, je crois bien, au bassin de Carénage (cf. Clerc, Annales du Midi, 1904, p. 495-500), l'épitaphe de A]lrius'? Volusianus et Fortunatus, qui vim ignij"? passi sunt ,C. I. L., XII, 489: Revue des Et. anc, 1908, p. 194). Et elle fait peut-être allusion à un martyre sous Domitien, date que la forme des lettres n'interdit pas. — Aulre inscription chrétienne primitive dans les environs de Marseille, XII, 611 [je l'ai vainement recherchée]. — Le sarcophage de La Gayole dans le Var (Hevue des Et. anc, 1910, p. 16 et .^.) est peut-être de la seconde moitié du second siècle, et c'est bien, ce semble, le plus ancien sarcophage chrétien connu. — Tous ces faits concoureiit adonner au Christianisme gaulois une très ancienne origine, quasi apostolique. Je dis origine, et non progrès. — Dans le même sens. Renan. Saint Paul. p. luO-8.

Page 1