LE MARTYRE DES LYONNAIS
Nulle part en Occident, sauf à Rome et à Carthage, l'autorité publique n'avait davantage le devoir de surveiller les émotions du populaire '.
Défense fut faite aux Chrétiens de paraître dans les endroits publics'- : l'Etat acceptait leur existence, à la condition qu'elle fût silencieuse.
Les plus violents n'obéirent points Aussi suffît-il de leur présence, au forum ou dans les lieux de promenade, pour déchaîner un grand tumulte*. Les magistrats municipaux durent intervenir, firent saisir les délinquants', et procédèrent à un premier interrogatoire ^ Ceux qui nièrent appartenir au nom proscrit, furent aussitôt relaxés, et on ne chercha pas à "en savoir davantage sur leur compte". Les autres, ceux qui s'affirmèrent Chrétiens, furent renvoyés au gouverneur, juge suprême en matière de crime contre l'Etat \
L'affaire fut conduite suivant une procédure à la fois très simple et très longue. Elle était très simple : point d'enquête administrative, d'instruction judiciaire, d'audition de témoins, de confrontation; on se bornait à prendre l'identité des accusés, et à recevoir l'aveu de leur nom de Chrétiens; cet aveu suffisait