‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 649 sur 792 · Grégoire, In gloria mart., 49; cf. p. 505. n · texte numérisé non relu

Grégoire, In gloria mart., 49; cf. p. 505. n

3. On tend à placer également sous .Marc-Aurèie le martyre de saint Symphorien d'Autun, quoique sa Vie dise nettement sub Aureliano (22 août, Acta, IV, p. 490). Rien ne me parait confirmer cette hypothèse. Mais je n'affirme pas davantage que la date d'Aurélien soit exacte (cf. p. 597, n. l); je croirais plutôt à l'époque de Sévère (p. 519, n. 1). La Vie du saint est évidemment ancienne (cf. Grégoire, In gloria confcss.. 76), et ce qu'elle dit du culte de la Mère des Dieux et de la lutte soutenue contre elle par les Chrétiens (cf. p. 490, n. 3), parait authentique. J'hésite pourtant fort à la croire antérieure au i\' siècle. L'ouvrage de Dinet, Saint Symphorian et son culte (Autun, 1861), est de pure édification. — 11 n'y a aucun motif d'accepter les traditions qui joignent aux compagnons de Pothin saint Épipode, saint .\lexandre et leurs compagnons (22 avril, Acta, lU, p. 8; cf. Grégoire, In gloria inart., 49). — Et pas davantage celle qui place alors les martyres de saint Marcel à Chalon (4 sept.. II, p. 196; Grég., ib., "yl), de saint Valérien à Tournus (1.") seiit., V, p. 24; Grég., ib., 33). — Tous ces actes n'ont aucune autorité, encore qu'ils renferment des détails intéressants (cf. TiUemont. III, p. 30-7). — Mêmes remarques pour sainte Paschasie de Dijon, connue de Grégoire {In glor. mari., 50: In glor. confess., 42; 9 janvier, L p. 566-7». — La chronique hagiographique, du reste, n'a cessé d'ajouter de nouveaux noms au groupe des martyres de Marc-Aurèle.

L'Etat tenait moins alors.à supprimer les Chrétiens coûte que coûte, qu'à leur donner de terribles leçons : les scènes de Lyon suffiraient comme exemple, elles les retiendraient dans l'ordre et le silence, elles empêcheraient leur nom de se propager. Telle fut, je crois, la pensée de Marc-Aurèle.

On verra l'étendue de sa nouvelle erreur. Ces hommes-là se riaient de la mort. Ils la voulaient toujours plus proche, afin de rejoindre plus tôt leur Dieu. Celui qui périssait pour le Christ, était assuré de la gloire dans le ciel. Et cette gloire, il l'aurait aussi sur la terre, au même titre qu'un imperator vainqueur des Barbares. Son nom était célébré dans toutes les églises du nionde. Les fidèles l'inscrivaient dans leurs archives, le gardaient dans leur mémoire, le transmettaient d'âge en âge. Du martyre des L3'onnais, les frères survivants firent un long récit, qu'ils adressèrent aux membres des plus lointaines assemblées. Une épopée de luttes, de souffrances et de morts naquit dans la cité des Chrétiens, épopée presque aussi belle que celle de son fondateur. La religion naissante, à chaque génération, créait de nouveaux héros et de nouveaux poèmes, qui, comme le Christ et comme l'Évangile, glorifiaient la force des croyants et la victoire de leur Dieu. Toute persécution, en mettant dans la vie du Christianisme plus de faits, de noms, de récits et d'épisodes \ le confirmait dans ses tendances originelles-, ajoutait à sa force, à sa richesse, à sa variété, à la puissance de ses séductions. Qu'étaient maintenant, en face des scènes véritables du Calvaire ou de Lyon, les vieilles et fausses histoires de Jupiter ou de Minerve, les monotones rituels de Mithra ou de la Mère^ également vides de drames réels et d'actions humaines^?

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