Machinator doU, Tac, Ann., I
AL'dCSTE ET AIHUI^PA. 55
l'homme des passions étroites et des petits moyens. On remarquait chez lui quantité de goûts mesquins, de préjugés vieillots, le respect des cultes démodés, des mots archaïques, des usages surannés'. Il était superstitieux, méticuleux et maniaque-. Beaucoup le disaient làelie sur le champ de hataille, et cruel de sang-froid \ — Mais sa lâcheté était, ce semble, afl'aire de nerfs : car Auguste n'a reculé ni devant les dangers d'un combat ni devant ceux d'une foule ameutée '. Et les petitesses de sa politique ne furent jjeut-ètre chez lui que des procédés voulus pour la mettre à la portée du plus grand nombre.
Ce qu'il faut admirer en lui, c'est qu'il sacrifia tout à son métier de souverain, son lemps^ ses goûts, sa santé, sa jeunesse, et peut-être son âme même'. Hadrien et Marc-Aurèle mis cà part ', nul empereur ne songea davantage à l'Empire, aux besoins et aux destinées de ses provinces '. Il ne cessa de les visiter tant que la vieillesse ne fut point là. C'est ainsi qu'il vint cinq fois dans les Gaules ' : il y séjournait de longs mois, résidait à Xarhonne ou à Lyon, convoquant des assemblées de chefs, accueillant les plaintes des indigènes, mettant lui-même en train