Cf. p
4. Eusèbe, V, 3, 8 (cf. p. 41)7). On peut croire qu'il était prêtre à Lyon pendant la crise de 177, et qu'il fut chargé par les frères de porter la lettre sur la persécution (lettre qu'il a peut-être rédigée, cf. p. 483, n. 4) à l'évéque de Rome Éleuthère (V, 4, 1-3). On a cependant supposé, tout au contraire, qu'il se trouvait à Rouie pendant la crise (Zahn, p. 4(J7). — 11 est possible qu'il n'ait été fait évèque qu'après la mort de Marc-Aurèle en 180. — 11 avait été disciple du grand Polycarpe de Smyrne, mort, croit-on, en 153 (Kusèbe, V, 3, 8; 20, 5; cf. les éjtilugues des Actes du martyre de Poiycarpe, Patruin apostoUcoriim opéra, éd. minor, p. 127-8). On peut donc supposer qu'il était né entre 130 et 14i), et lui donner de 40 à 50 ans en 180. S'il fallait, ce dont je doute, prendre la date de 165 pour le martyre de Poiycarpe, cela ne donnerait à Irénée, en ISO, que 30 à 40 ans. Zahn (p. 409). au contraire, le fait naître même vers 115. Cf. Renan, L'ÉijLise chrétienne, p. 439-431. — Toutes ces questions sont fort discutées.
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qui éloignaient de l'Evangile les hommes de raison', il écrivit livres sur livres, il proclama dans tous la grandiose simplicité du dogme chrétien, ramené à Dieu le Père qui ordonne, à Dieu le Fils qui exécute, à l'Esprit Saint qui vivifie -. Il fut, à l'endroit de ces dévoyés, ironique, mordant, pressant, tenace et décisif". Avec lui, la littérature chrétienne perdit un peu de celte innocente sérénité qu'avaient gardée les apologistes contemporains d'Antonin et de ^larc-Aurèle; elle cessa ses plaidoyers confiants et tranquilles pour multiplier les écrits de comhat. Elle passa de la défensive à l'attaque, et se prépara à de plus grandes entreprises.
Comment un tel prêtre, à l'âme de hatailleur, n'eùt-il pas provoqué de nouvelles missions dans les Gaules ? Irénée à Lyon, cet homme de travail et de lutte au centre et au plus fort de la vie gauloise, c'est le branle donné à l'assaut de l'Occident par les champions de l'Evangile".
De fait, au temps d'Irénée, voici que de nouvelles communautés chrétiennes s'aperçoivent en nombre autour de Lyon% à Autun*^,
1. Le gnosticisme avait pénétré ii Lyon avant la persécution de 177 (Eusèbe, V, 3: Irénée, I, 13, 7).