LA CITE DONNÉE A TOUT L^E.MPIRE
le droit de bourgeoisie', sans doute afin de stimuler, par l'espérance de ce privilège, le zèle des soldats ou le dévouement des provinciaux. Marc-Aurèle fut obligé à se montrer plus généreux : pour résister aux périls de l'invasion, il lui fallut beaucoup de légionnaires, et il ne put les trouver qu'en créant dans les provinces des milliers de nouveaux citoyens-. Ce qui, d'ailleurs, ne pouvait répugner à son âme : n'avait-il point proclamé que le monde devait être une « cité des égaux ))-^?
Les derniers pas pour atteindre à cet Empire idéal furent faits par Septime et son fils Garacalla. Le premier propagea sans scrupules le droit de bourgeoisie, moins comme une faveur insignifiante que comme une qualité nécessaire \ Le second édicta, par une loi solennelle, que tous les membres de l'Empire seraient désormais citoyens romains, que ce titre de citoyen serait à jamais le statut légal de tout être né dans la liberté".
Quelques historiens, anciens ou modernes, se sont complus à affaiblir la portée de la loi de Garacalla. Comme on a jugé ce prince incapable d'une belle chose, on n'a vu dans son édit qu'une mesure fiscale, l'obligation pour lesprovinciaux de payer les impôts jusque-là réservés aux citoyens romains ^ — Je doute fort qu'il faille le rabaisser ainsi : tous les riches de l'Empire
1. Sauf l'extension possible du jus Lalii sous Vcspasien (douteuse en Gaule; cf. p. 439, n. 4) et sous Hadrien (p. 471, n. 3), lequel a été plus libéral que ses prédécesseurs. Les gentiiices Flavius et .fJlius sont plus fréquents en Gaule que ceux de Cocceiiis, Llpius. Mais ni les uns ni les autres ne peuvent être comparés, à cet égard, à ceux de JuUus, Claudius, des empereurs précédents, ou A'Aurclius, donné par Marc-Aurèle et ses successeurs.