‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 704 sur 792 · Ibidem : Corpora constiluit... amnino omnium artium · texte numérisé non relu

Ibidem : Corpora constiluit... amnino omnium artium

4. Cf. Waltzing, II, p. 254; Kornemann, lieal-Enc., IV, c. 451-2. Ici, cli. X.

obligations? N'y avait-il pas assez de manières d'obéir? assez de forces collectives limitant la liberté de l'individu et compliquant le jeu de ses facultés? Devenu corps officiel et groupe obligatoire, le collège perdait son attrait principal, et les hommes trouveraient moins de plaisir à la tâche qu'il leur désignait.

Ces réformes sociales profitaient du moins au Christianisme. X'était-il pas. dans l'esprit et dans la lettre, l'idéal de ce régime confraternel auquel l'empereur conviait le monde? La bonté d'Alexandre Sévère, sa piété profonde et douce l'empêchaient d'en vouloir à des hommes qui s'assemblaient pour prier leur dieu. Lui-même ne jugeait pas que le Christ fût un héros indigne d'être adoré : il mit son image dans sa chapelle, à côté de celles d'Abraham, d'Orphée. d'Apollonius de T} ape et d'autres grands prophètes, et il les révérait toutes dévotement '. Qui sait s'il n'a pas compris le vrai cliarme de la religion chrétienne? Car ce charme venait, non pas de son dieu souverain, personnalité lointaine et vague, mais du drame émouvant et poétique qu'avaient été les paroles et les soufl'rances du Christ son fondateur -.

Il laissa donc les fidèles, en Gaule et partout, libres de se réunir et de s'organiser. On fit le silence sur le vieil édit qui assimilait le titre de Chrétien à un crime capitaP. Comme les autres collèges, les églises eurent toute liberté pour posséder en propre^ : ce qui équivalait à leur- reconnaître une existence légale.

Cependant, et le fait est fort surprenant, le règne d'Alexandre ne marqua aucun progrès pour l'église de Caule. Il n'est même point sûr qu'elle ait alors gardé toutes les positions conquises par Irénée^ Nous ne trouvons, dans son histoire ou ses

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