‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 713 sur 792 · TRANSFORMATIONS DU MONDE GERM ANIQLE · texte numérisé non relu

TRANSFORMATIONS DU MONDE GERM ANIQLE

au delà du Taunus, se montre le nom d'« Alamans », qui oroupe les restes des tribus du Mein. anciens Suèves et autres'.

qu'aux Chattes de la Hesse. — Mais en 277, nous voyons que le nom est donné à des Germains des basses terres de la rive droite du Rhin {Probus. 12, 3; cf. p. 607). Et c'est désormais là que nous trouverons le nom, soit qu'il y ait erreur dans les premiers textes de V Histoire Auguste, soit que le nom, après s'être étendu

aux Chattes, se soit ensuite limité aux peuples de la plaine en aval de Bonn.

Voici les différentes peuplades qui ont pu se grouper sous ce ncm. — I. En amont, les Chattes, déjà cités (cf. t. 111, p. 47). — II. Les peuples des marais et terres basses voisines du Rhin inférieur : 1° les Salii, d'origine frisonne?, peut-être alors dans le Salland en Over-Yssel (cf. Ammien, XVll, 8, .3); 2° les Chamavi (Table de Peutinger), arrivés ou installés de bonne heure dans le Hamaland au sud du Salland (t. 111. p. 40, n. 3; t. IV, p. 114, n. 4); 3" les Attuarii (Ammien, XX, 10, 2), établis peut-être à l'origine à l'est des Saliens et des Chamaves, dans la Twenthe (cf. t. III, p. 47, n. 4; t. IV, p. 114, n. 4), et descendus ensuite au sud de ces derniers, entre Ruhr et Lippe, sur les terres des Usipètes (p. 104. n. G). Ce sont ces trois peuples qui sont spécialement, plus tard, appelés Francs, et j'incline à croire que c'est parmi eux, et plus particulièrement chez les Chamaves, que le nom a pris naissance. Salland et Hamaland étaient sans doute les (igri vacai et miiituin usai sepositi si souvent convoités par les Barbares (Tac, Ann., XIII, 54). Et les peuples de ces terres ont peut-être été d'ordinaire à la solde de l'Empire (p. 176, n. 5) — III. Les restes des peuples suivants, autrefois célèbres : 1° Bructères(p. 4.58, n. 3); 2''Marses, qui sont peut-être les anciens Sicambres (p. 130, n. 2); 3° Usipètes; 4" Tenctères; o" Amsivariens (p. 176, n. 5); 6" Tuhantes (t. 111, p. 46, n. 3; "t. IV, p. 542, n. 2; dans la Twenthe? peut-être à rapprocher du premier groupe); 7" Chasuarii? (t. III, p. 47, n. 4; t. IV, p. 565, n, 4) : ces noms, dont quelques-uns se conserveront jusqu'au iv^ siècle (Sulpice Alexandre apiid Grégoire, Hist. Franc, II, 9; Panegyrici, VII [Vl], 12; X [IV], 18), sont ceux des populations de l'Ems supérieur, de la Lippe et de la Ruhr, intermédiaires entre Chattes et vrais Francs. — Dans l'ensemble, le nom franc (les Chattes mis à part) semble l'héritier de celui des Istévons (t. III, p. 50). Il renferme les populations qui, avant les Romains, ont subi le plus le contact de la civilisation gauloise (t. 111, p. 46-7, t. II, p. 467-8), et qui, sous l'Empire, ont été le plus longtemps en rapports avec Rome, parfois même à demi vassaux de l'Empire. Et tout cela est capital pour comprendre l'histoire ultérieure des peuples de ce nom. — En dernier lieu, Schmaus, Geschichte und Herkunft der alten Franken, Bamberg, 1912 (vulgarisation).

1. Le nom, Alamaniv, Alcmanià, apparaît d'abord en 213, pour s'appliquer à des voisins des Chattes (Dion, LXXVll, 13, 4; 14, 2; ici, p. 531, n. 8). On ne peut guère songer alors qu'à des populations voisines du limes, dans le Haut Palalinat et la Franconie, là où Tacite {Germ., 41-42) place les Suèves Hermundures et Naristcs [?' (p. 113, n. 3), et où se trouvaient aussi les Juthungi (Dexip|)e, 22, Ilist. Gr. min., I, Dindorf) : et je crois qu'il y a beaucoup d'Hermundures parmi les Alamans. Mais il doit y avoir aussi des tribus d'autres peuples de l'intérieur (Asinius Quadratus ap. Agatbias, 1, 6), par exemple des fameux Semnons, qui semblent se disloquer de[)uis le passage des Goths (p. 541, n. 2). — Je ne verrais donc aucune objection à accepter l'opinion courante, (pii fait du nom d'.Alamans l'héritier de l'ancienne ligue suève des Semnons (t. 111, p. 49-30). — En tout cas, il s'agit de peuples qui ont subi l'iulluencc ou tout ou moins l'altraclion de Rome (Tacite, Germ., 41; Dion, L.Wll, 5, 3), mais cependant infiniment moius •lue les Francs.

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Que signifient ces mots, appelés à la plus prodigieuse fortune qui soit échue à des titres nationaux après ceux de Grèce ot Rome? S'agit-il de noms portés d'abord par de simples tribus, qui, devenues puissantes, les auront peu à peu imposés à des tribus soumises? S'agit-il de vocables d'alliance, pris spontanément par des peuples associés, et servant à désigner, soit l'ensemble de leurs familles, soit les guerriers choisis pour les grandes expéditions? — Cette dernière solution paraît plus probable, au moins pour les deux groupes principaux de Germains, les Francs et les Alamans'. On pourra préférer la première pour les Saxons et les peuples delà mer-,

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