‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 730 sur 792 · Cf. p. 532 et · texte numérisé non relu

Cf. p. 532 et

LES PROGRÈS DE L'ARISTOCRATIE t^ONCIÈRE. SSn

l'a vu, une sorte de petit royaume, et, à la faveur de la puissance de son maître, on dirait qu'il cherche alors à se détacher du territoire de sa cité, à avoir sa justice propre, à usurper des droits régaliens*.

Or, presque tous ces chefs de domaines ou ces grands seigneurs sont, en droit, sinon en fait, des sénateurs romains - : ils portent le titre d' « hommes clarissimes » '\ ils appartiennent à la grande noblesse héréditaire de l'Empire". Peut-être même ont-ils usé ou abusé de leur qualité de sénateurs pour étendre leurs possessions et en faire des terres privilégiées -'. Ils sont tous, d'ailleurs, imprégnés jusqu'à la moelle de culture classique, et des maîtres grecs et romains ont seuls façonné leur esprit et dirigé leur volonté".

Le sénat, c'est donc la réunion des hommes les plus riches et les plus instruits de l'Empire. Derrière lui, il y a. pour soutenir ses prétentions, d'immenses domaines, des millions d'esclaves, d'affranchis, de clients et de parasites, une quantité énorme de besoins qui unissent à sa A'ie celle des provinces. Il se sent soutenu par elles. Et c'est pour cela qu'il tient tète aux armées".

1. Groinatici veteres, p. 'io, 13-6 et p. 46, 5-0 {saltus privati); Ulpien, />/</., XI, 4, 3, et XI, 4, 1,2 (qui semble bien indiquer une tenlative des sénateurs, sous Marc-Aurèle. pour constituer un droit d'asile en faveur de leurs domaines): Di(j.. L, 11, 1, et Pline, Lettres. V, 4 (foires sur des domaines). Cf. Beaudouin, Les grands Domaines, p. 199-200, p. 8-9, p. loi et s. (en faisant remarquer que les textes des premiers siècles ne nous font bien connaître que les domaines de l'Afrique, et que les textes généraux appartiennent surtout au Bas Empire). — Un exemple d'un ensemble de domaines (massa) en Gaule, près de Lyon, est fourni, à la date de 226, par la massa ferrariarum (groupes d'exploitations de mines de fer) d'une femme de sénateur nommée Memmia Sosandris, massa affermée par elle a des mancipes ou socii vectigalis (CL L., XIII, 1811); cf., là-dessus, Beaudouin, p. 233.

Page 1