VI. — LE MII.I.ÉNAIP, E DE HOME
Cette puissance d'une aristocratie foncière, orgueilleuse et cultivée, ce prestige d'un conseil souverain, étaient pour l'Empire des gages de durée et de paix intérieure. Cela valait véritablement, comme soutien du monde classique, les soldats de la frontière. Les maîtres du sol ne séparaient point leurs ambitions et leurs habitudes de la grandeur latine. C'était grâce à eux, au contact de leurs manières et de leurs serviteurs, que le nom de Rome, à chaque génération, jetait de plus profondes racines dans la terre gauloise.
Sur cette terre, les incidents politiques étaient très rares. A peine nommés, les empereurs obtenaient aussitôt des Gaules les marques ordinaires de la dévotion'. On immolait pour leur salut des taureaux à la Terre-Mère, de plus en plus puissante de ce côté des Alpes -. Ils n'en perdaient pas moins très vite le pouvoir et la vie. Les Gaulois n'en avaient nul désespoir, et ils continuaient d'obéir et de prier.
Après tout, la vie normale ne souffrait point de ces changements de princes. J'imagine que les bureaux, à Rome et aux chefs-lieux de provinces, expédiaient les affaires sans être troublés par les révolutions du palais. Partout, les grandes voies impériales recevaient les soins qui leur étaient nécessaires ^ Le conseil des Trois Gaules se réunissait régulièrement
■/.i'rô} l'j o-TpaTTiYÔ; OjXîTcpo; Tav-a/oO àywv!!;o[jia; (Continuateur de Dion, fr. 2, Didot, Fr. Iiist. Gr., IV, p. 193). Remarquez aussi le fait, assez insolite (p. 232, n. 2), d'une dédicace p7'o sainte Gordiani, senatus ac Romœ (C. I. L., .XIII, T'J'JO).
1. Monuments à Gordien I" (XIII, 592 : me paraît de Bordeaux, et non d'orif;ine africaine); Gordien III (Xil,9, Vence; 5366, Narbonne; Xlll, 511, Lectoure); Pliilippc (XII, 10. Vence; 1567, Die; 4227, Réziers; Année épigr., 1910, n" 217, prés de Nimes); Décius (XII, 11, Vence); famille de Gallien (XII, 12, Vence; 93, Hriançon; 171. Antihes; 1352, Vaison). — Remarquez le loyalisme démonstratif de certaines cités des Alpes, comme Vence: cf. p. .590, n. 4.
2. Gordien 111 : à Lectoure (XIII, 511; cf. 510, 512-9); Philippe : à Die (XII, 1567) et près de Nimes {Année épigr., 1910. n" 217).
3. Bornes milliaires, surtout dans les Trois Gaules, au.\ noms de Gordien III (C. I. /... Xlll, S90I, son, 9059, 90'.)9, 9107), de Philippe (8873, 8878, 8889, 8905,