VII. — LES MISSIONNAIRES CHRÉTIENS EN (;AULE
Ce qui manquait au monde païen, — une passion sincère, l'intensité de la vie, de la variété dans les sentiments, la beauté des œuvres et la gloire des hommes, — s'épanouissait alors dans la société chrétienne. Saint Cyprien, évèque de Carthage (249-2o8), exerçait l'empire sur elle, la dominant par ses facultés de chef, par la loyauté de son âme, par la netteté de son intelligence-.
Ce fut à l'époque de Cyprien que la conversion des Gaules, différée depuis la mort d'Irénée. fut enfin reprise par les missionnaires ^
La tradition parlait dune pléiade de sept missionnaires, qui avaient été « ordonnés » pour annoncer la foi dans les Gaules : à chacun deux on assigna une grande ville, dont il serait l'évêque, et d'oîi il partirait pour de nouvelles batailles. Paul vint à Xarbonne, Trophime à Arles, Saturnin à Toulouse, Martial à Limoges, Denys à Paris, Catien à Tours, Austremoine chez les Arvernes. Et la grande conquête commença ''.
1. Eutrù|)e. IX, 3: Hist. Aug., Gonl., 33; Aur. Victor, De Cœs., 28, 1; etc.
2. Monceaux, Histoire littéraire de VAfrique chrétienne, II, 1902, en particulier p. 231.