Cf. p
4. Grégoire de Tours, Hist. Fr., I. 30 : IIujiis tempore [sous Déclus. 249-251 ; plus loin, Grégoire donne la date de 250 pour le début de l'épiscopat de Saturnin il Toulouse, confondant sans doute la date de ce début avec celle du martyre]
LES MISSIONNAIRES CHRÉTIEXS EX GAULE. .".oO
Il est possible que ces faits soient vrais, et que la tradition ait conservé fidèlement les noms des villes et des hommes auxquels le Christianisme gaulois a dû ses nouvelles victoires : ce récit ne présente aucun détail qui soit invraisemblable '.
Mais il est également possible que la tradition ait groupé ensemble des apôtres d'époque différente, quelle ait fait une seule mission de départs successifs, une seule guerre, méthodique et conquérante, de campagnes isolées et dispersées, et qu'elle ait rapproché des dates, associé des noms, supprimé des faits, afin d'arriver et de s'arrêter au chiffre mystérieux de sept évêques, s'avançant ensemble dans une marche solennelle et prédestinée.
Ce qu'on peut au moins tenir pour vrai, c'est que le Christianisme pénétra alors dans les grandes villes du Midi et du Centre, étrangères jusque-là à son influence. Narbonne, Arles et Toulouse, les plus vieilles colonies du Sud -, Limoges, Clermont, Tours et Paris, les cités les plus neuves de la Celtique", eurent enfin leurs petites assemblées et leurs évêques. L'église de Lyon et ses filiales de l'Est ne furent plus isolées dans le monde gaulois.
A la différence des églises qu'avaient fondées saint Paul, les maîtres d'Irénée et Irénée lui-même % les nouvelles confréries
septem viri episcopi ordinall ad prœdicandwn in GallUs missi siint ... Turonicis Gatianus episcopus. Arelalcnsibiis Trophimus cpiscopus, Narbone Paulus cpiscopiis, Tolosœ Saturninus episcopus, Parisiacis Dionysius episcopus, Arvernis Stremnitiiis episcopus, Lemovicinis Martialis episcopus. — Les traditions postérieures ajouteront à cette liste beaucoup d'autres noms (p. r)G3, n. 4: cf. p. 367, u. 3, p. .ïDT, n. 1).
1. Aucun des noms n'a une forme suspecte. — Il faut remarquer, à l'appui de celte tradition, que saint Cyprien, vers 2.j5, peu après le temps de cette mission, mentionne un évèque à Arles, Marcianus, un autre à Lyon, Faustiiuis, et d'autres en Narbonnaise ou dans les Trois Gaules, coepiscopos iiostros in Gallia constitulos [Epist.. 68, 1-3, Hartel). On peut également alléguer, en sa faveur, que les sept évêques ne correspondent pas aux futures métropoles des provinces gauloises des iv' et V" siècles, correspondance qu'une tradition forgée en ces derniers temps n'eût pas manqué d'établir.