‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 776 sur 792 · MISERES MATERIELLES · texte numérisé non relu

MISERES MATERIELLES

paysans ou citadins. La destruction des grands édifices et des cimetières entraînait le chômage de ces multitudes d'ouvriers, artisans, gladiateurs, domestiques et valets de tout genre, dont la vie se passait au service des thermes, des tombeaux, des aqueducs, des temples et des lieux de spectacle. La ruine des campagnes réduisait au vagabondage des milliers de cultivateurs, colons libres ou esclaves de la glèbe. Au temps où les empereurs revinrent pour chasser les Barbares, ils ne surent plus comment nourrir leurs soldats. On avait cessé de semer et de récolter : le blé et le bétail manquaient, et les hommes mouraient de faim ' .

Lorsque l'ennemi quittait le pays, c'était pour le laisser en proie aux horreurs de la jacquerie. Des bandes d'affamés ou de misérables ajoutèrent, si cela fut possible, au mal commis par les invasions. Les chemins étaient sillonnés de ces terribles maraudeurs que les Gaulois appelaient des « Bagaudes », cherchant dans les décombres ce qui avait échappé aux Barbares. Nous les avons déjà vus sous ïétricus, grossissant les troupes des soldats acharnés contre Autun-. Nous les verrons bien souvent encore, toujours prêts à s'enrôler sous les ordres d'un chef de bandits, d'un officier insurgé, d'un prétendant à l'empire ".

La Gaule perdit, en ces tristes années, une bonne partie de sa population. Beaucoup d'hommes périrent sous les coups des Barbares ou furent emmenés par eux comme esclaves'. Je suppose qu'ils firent une énorme razzia de femmes '. La détresse

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