‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 78 sur 792 · Strabon, IV · texte numérisé non relu

Strabon, IV

G. Je donne l'effectif indiqué par Josèphe (Tacite parle de mille hommes [lour une cohorte urbaine : //., II, 93; Dion Cassius, de 1.500 : LV, 24, 6). Josèphe, De b. J.. Il, 10, 4 (sous Néron); Tacite, Ann., III, 41 (en 21 ap. J.-G.) : ce fut, au milieu de ce siècle, parmi les cohortes prétoriennes et urbaines, celle qui est dénommée coh. XVII Luguduniensis ad Monelam (C. I. L., NUI, 1499; cf. Hirschfeld, Verw., p. 2.50). On a supposé qu'elle avait été précédée, à Lyon, par la NilT (Mommsen, Ges. Sclir., YI, p. 12). Ici, p. 130.

7. Josèphe, ib. — Il serait possible qu'il y ait eu dès lors d'autres postes, analogues à ceux que nous trouverons en d'autres circonstances, par exemple du côté de r.\quitainc ou de la Franche-Comté (p. 289). Toutefois, il est à noter qu'il n'est fait aucune mention de postes de ce genre lors de la révolte de 21 ap. J.-C. (p. 151-9). — -Ajoutez la flotte de Fréjus (p. 80). — Contrairement à cette manière de voir, Uilterling (Bonncr Jahrb., C>l1Y-V, 1900, p. 139 et s.) a supposé, d'ailleurs

66 LES IKiMAINS A LY(tN: AlGUSTE ET AGRIPPA.

Est-ce à dire qu'ils ne pensaient pas à la révolte? On ne l'affirmera point. Maintes fois, au cours du long règne d'Auguste, on entend parler dans les Gaules de luttes intestines, de précautions à prendre, de chefs qui s'agitent, de foules qui s'inquiètent'. Tous n'y avaient pas oublié les souvenirs et les usages nationaux. La langue, les leçons des druides, les chants des bardes, les lieux saints, les cités fameuses de lîibracte, d'Alésia et de dergovie, les antiques d3'nasties royales, étaient encore des choses vivantes et respectées; et plus d'un Gaulois conservait sans doute au fond de son àme le désir de restaurer leur pouvoir-. Je sais bien qu'aucun des écrivains de ce temps ne parle de ce désir. Mais ce sont écrivains du peuple vainqueur, Virgile.

ingénieusement, que le gros des légions aurait été. jusqu'à la défaite de I.oUius (p. 108), installé chez les Lingons et les Rèmes. au croisement des roules stratégiques (cf. Strabon, lY. 6. 11). comme si souvent au temps de César (t. III. p. 409, etc.). Ses deux arguments principaux paraissent être : 1" renvoi de main? d'alliance, velcre insliluto, fait en 69 par les Lingons aux légions (Tac. //.. I. 54, : mais l'usage peut précisément remonter à ces campements de César, et il peut élre l)ien postérieur à Lollius; 2" le rattacliemont des Lingons à la Belgique (Pline. IV, 100) : mais ce rattachement a pu être des derniers temps d'Auguste (p. 135, n. 1), et provoqué simplement par la surveillance que le légat de la Germanie devait e.xercer sur la route stratégique de Langres à Trêves. Cette hypothèse de Ritlerling a contre elle que les pays dos Rèmes et des Lingons sont bieu loin de la frontière où était, somme toute, le principal danger, et où eurent lieu les principaux combats (p. Go, 102-3 et 108): et. en outre, que c'étaient, depuis l'origine (t. III, p. 249-250, 570), les pays les plus fidèles à Rome, et terres de peuples alliés (cf. p. 134. n. 3, p. 272).

1. En général, Auguste, lies gestœ. 2' éd. de Mommsen, p. 103. A des dates particulières : en 39 (Appien, V, 75, 318), avant le voyage d'.\ugusle (cf. p. 55, n. 8)j en 39-38 (Dion, XLVIII, 49, 2). au temps de la guerre d'Agrippa contre les Aquitains (p. 04): en 29 (Dion, LI, 21, 5-G), lors des affaires des Morins et des Trévires (p. 05); en 27 (Dion, LUI, 22. 5). avant le second séjour d'Auguste (p. 55, n. 8): en 19 (id., LIV, 11, 2), lorsqu'il y envoya Agrippa; en 10-15 (id., LIV, 21; cf. Suét., Tib., 9), lors de son troisième séjour (p. 55, n. 8) et de l'alTaire de Licinus (p. 83-4); en 12 (Dion, LIV, 32, 1: T.-L., Ep., 137), lors du recensement de Drusus (p. 81 et 90). — Cf. p. iol-IGO.

2. Cf. t. V et t. IV, p. 153 et ch. V. En ce qui concerne les sacrifices humains auxijuelb présidaient les druides (t. II, p. 158-9), il est à remarquer (]u'Auguste ne les abolit point, les permit aux Gaulois, les interdit tantum civibus (Suét., Claude, 25, 5) : ce ijui prouve une extraordinaire tolérance de sa part. On devait livrer les condamnés aux prêtres "des cités"? des cités libres seulement? cf. p. 155, u. 3; aux prêtres non citoyens rnmains?], ou autoriser les sacrifices volontaires. Voyez les récentes réserves de S. Reinach (Ac. des Inscr,, C. R., 1913, 25 avril et 2 mai [à paraître dans la Pevue archéologique]).

Tite-Live, Strabon, dont la mission fut d'étaler l'apothéose du [teuple romain. Par eux, nous ne connaissons que l'obéissance, la flatterie ou l'admiration des sujets, et nous ignorons les rancunes ou les espérances des vaincus. Ceux-ci n'ont point écrit, ou ils ont parlé tout bas. Evitons de prêter aux Gaulois des sentiments de servilité romaine qui n'étaient peut-être pas encore descendus dans toutes les âmes.

Presque chaque année, les Gaulois voyaient disparaître quelque chose de leur passé.

Tant qu'Octave ne fut point reconnu par le monde comme i chef souverain, tant qu'il eut besoin des Gaulois contre ses rivaux, il les laissa le plus souvent vivre à la manière d'autrefois, ainsi que César avait dû le faire'. Une fois devenu Auguste 1 et imperalor unique, il leur appliqua plus franchement quelquesunes des règles de la discipline romaine -.

César n'avait point touché à l'unité traditionnelle de la Gaule Chevelue ^ Mais la contrée était trop vaste pour qu'un seul homme put bien l'administrer; ou, si cet homme y devenait un maître trop obéi, tel que le fut César ou Plancus, il serait un danger pour l'Empire*. Auguste sut concilier les intérêts de cet Empire avec les plus chères habitudes du pJays : ce qui fut d'ailleurs son principal désir dans toutes les .aiïaires de la vie publique '. Pour sauvegarder ces intérêts, il divisa

2. Cela résulte de ce qu'aucun des changements dont on va parler n'est antérieur à 27 av. J.-C, et que les principaux suivent presque iinmédiatemeut. en 27, sn proclamation comme Aujustus et l'organisation de son pouvoir (janvier).

4. T. m, p. .j72, 602; t. lY. p. 49-52. C'est pour cela que Marc-Antoine voulait la Gaule en 4i, et que le sénat la lui refusait (p. 52, n. 7).

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