‹ Histoire de la GauleChapitre 103 sur 718 · César, VI, 13, 3; VI, 14, 1; VI, 18, 1; VL · texte numérisé non relu

César, VI, 13, 3; VI, 14, 1; VI, 18, 1; VL

4. Diogène Laerce, I, pr., l=Aristote, fr. 33, Rose; cf. ici, p. 89, n. 6. Dios dore, V, 31, 3 (Posidonius?); les mss. de Diodore ont ici (lapo-jiSa;, dont on a voulu faire une expression indigène, «• saronide », en la rapprochant du grec ffapwv:;, • vieux chêne • (voyez p. 86, n. 2, et les anciennes éditions de Diodore, Henri Estienne, 1339, p. 213, et celles qui en dérivent) : en réalité c'est une faute de copiste pour opouîîai (ce qu'on avait vu du reste dès le xvi' s. : voyez l'admirable éd. de Wesseling, I, 1746, p. 334). Strabon, IV, 4, 4 et 3 (Posidonius?).

5. Ammien,XV, 9, 8 (ms. Dryaridx); Drasidœ chez Ammien, XV, 9, 4 (d'après Timagène), me parait une mauvaise transcription de cette forme; voyez les variante de Lucain (n. 2) et ses scholies (Usener, Comm., etc., 1869, p. 33); aulres textes, Holder, I, c. 1321-30.

6. Le csiJivoOïoj; du texte de Diogène Laerce (I, pr., 1) peut être un synonyme grec de druides, ou aussi une transcription à la grecque d'un titre religieux celtique (cf. Semnones, Tac, Germ., 39). C'est en tout cas l'équivalent du oî ?t).o<joçTiTavTEç de Clément d'.Vlexandrie (Stromata, I, 15, 71, 4), qui a la même source que Diogène Laerce.

7. C'est ce qu'ont dit, en dernier lieu, Ptokcs et Bczzenborger, Worlschat;, 1894, p. 157. Thurneysen (Holder, I, c. 1321-2) propose comme étymologie les • très siages », de dru-, préfixe de renfort (analogue à ver-) et de vid, •• savoir » : ce qui est la plus séduisante des étymologies données par les Modernes. — Je ne peux cependant, en dépit dç tout ce qu'on a dit contre elle, exclure l'origine donnée par des Anciens, ôpC;, « chêne » (Pline, XVI, 249; Usener. Comm., p. 33): rien oe nous dit que les Gaulois ne désignassent pas le chêne par un radical assez

autre idée que celle de prêtrise publique'. Les druides étaient pour eux ce qu'étaient pour le peuple romain pontifes, aupure* et autres sacerdotes de l'Etat. Si l'expression nous fait son^^er à je ne sais quelle sag^esse supérieure* ou à une puissante théovoisin du mot ôpC; pour que les Grecs l'aient transcrit ou interprété en £pu:Szt : cf. ôp-./£jiETO/. • bois sacré de cht^nes? •, chez les Galatcs (Str., XII. 5. 1 ; cf. p. 97, n. 4^. on admet du reste un radical 'dervâ, • ch^ne •, dans la langue ceUi<jue mère ( WortschaU, p. 147); on sait d'autre part le rdie du chéue dauâ le culte Ue^ Gaulois (IMint-, XVI, 249) comme de tous les pouples. — Xxi surplus, en pareille matière, l'étymolopc, sans être chose indifférente, est ce qui importe le moins; cf., chez les Latins, les discussions sur l'origine des mots ftonûfcx, JUmrn. I^s titres sacerdotaux ne caractérisent souvent qu« très mal les fonctions auxquelles ils sont attachés; ils peuvent rappeler des détails importants à l'origine, mais depuis lonciemps tombés en dfsuetude : i]u'importent et «jue prouvent, pour la connaissance du clergé catholique actuel , les sens étymologiques des mois d' • abbé ■. de • curé • ou d' • evèque •?

1. C'est pour cela que César, voulant dire que les Germains n'ont pas de pnHres. écrit : Neque druide» habail (VI, 21. 1).

2. Cet enlhou>iasme pour les druides n-montc d'ailleurs à l'Anticiuite m'iiie. et plus particulièri'ment, je crois, aux Grecs de la pério<le alexandrine. fort port<^>s à ideali>er les Barbares et a admirer la sas»*-<s«> exotique (voyez, d'après un auteur pn-c du II* ou du i" siècle avant notre ère, DtKi^ène Laerce, I, pr., 1 et G^S^i. Plus tard. Posidonius sans doute, en tout cas Cioéroo, César. .Mêla, Diodorc. Slralxin, Lurain (ijui relt-venl en partie de lui), sont plus résc'r>'es. et l'on voit que la conqu'-le romaine fait alors son iBUvre. En revanche, l'exallation des druides apparaît chez Alexandre Polyhistor Frag. hist. Gr., III, p. 2W, fr. 13S; peut-être d'après lui, Dmu'one Laerce, 1, pr.. 6.5;) et chez Tiinai^ène (.\ininien, XV, 9, 4», et peut-être sont-ils tous deux les vrais auteurs de la légende. Des le ii* siècle de l'ère chrétienne et s^ins doute d'après l<*s source-* grecques, c'est un lieu commun que de vanter leur sagesse et leur puissance (Clément d'.Vlexandrie. Sfrom.. I, 15. 71, 4, p. 45. Stshlin; Gelse ap. Origène, C'jntra C, 1, 16; Orig«'ne. Ptulosipliuni'na. l, pr., 2 et 22: Hion ChrysosL. Oral., 49; Ammien, XV, 9, 8; Cyrille. A<U\ Judanum. IV, p. IM. Migne, P. Gr., LXXVI, c, 7()5l. La vogue des druides dont on trouvera peut-/^tre des lracA*s au .Moyen Age) reparaîtra dés le début de la lteiiai>-anro (Picardus Toutrerianus [Picard de Toutry], De priaca (^eUoprlia, l.VW, p. 5S et s. ; Porcatulus, De vetrrwn Gnlluram imperio et phtlosopkiti, 157'.', p. 4Û et s. ; ^TaiUepiedj. Histoire de CEstat et République des Driudfs, Kubages et. p. 109, n. T, Sarronides [cf. p. 8.'>, n. 4], Bardes, Vacies [cf. p. HH). n. 1], anni-ns François, goavemeurt des pais de la Gaule, depuis le Déluge uniisrrsel, jusques à la venaë de Jesus-C.hrul en ee monde, IJH.': etc.). ne samHera jamais, ni au xvu' siècle (Roulliard, Parthéni* ou Histoire de la Très-AuijiLtte et TrèsD^iH>le tljlise lie Chartres, dédiée par les vieux Druides, en l'honneur de la Vierge qui enfanteroit [cf. C. I. L., XIII, .327 •", 1009; François Meinard, Oraliones .. de visco Drui'laram, Jurispru'lentir srmbolo, 1014. Augastoriti Pictonum [sic]; G[uenebauld], Le Rét^eil de Chyndonax, prince des Vadet Druydes celtiques dijonnis [cf. Inscr. Gr. Sic. et H.. TO*]. etc., Dijon, 1021 , ni au XTUi* siècle (Perron, .Antiquité de la nation et ile la lanijue des Celtes, I7(>:t; IleaO^ deau. Mémoire à consulter pour les anrtens druitles gaulois, 1777), mais reprendra vigueur aux appnichcs du romantisme (La Tour d'Auvergne, Origines gauloises 3* éd., 1801 ; paru sous le litre ,\oitvelles Hechrrches sur la langue... des Bretons 1792; 1** éd. [eu réalité 2'j, aa V; Davics, Celtic Researches, 1S04, a eu une grand*

DU NOM ET DE L ORIGINE DES DRUIDES. 8t

cratie, c'est que nous transformons volontiers le nom commun d'une espèce d'hommes en un nom propre de corps et de système, en une sorte d'entité morale; et nous créons ainsi de toutes pièces, au-dessus des druides qui n'étaient que des prêtres, un « Druidisme » idéal que les Gaulois n'ont point soupçonné. L'étonnante populcrité qu'on a faite à ce clergé ' vient surtout du mot étrange et mystérieux dont on a pris l'habitude de le dénommer. Mettez prêtres au lieu de druides, vous direz la même chose ^, et une grande partie de ce prestige disparaîtra. L'origine des druides est aussi inconnue que le sens de leur nom'. Mais cela ne veut point dire qu'ils soient antérieurs au nom celtique, ni que la prêtrise gauloise ait existé de temps immémorial, ni qu'elle ait été créée dans des âges très reculés, à l'imitation des mages asiatiques* ou d'autres sacerdoces de l'Orient'. Nous ignorons d'où elle vient, pour les mêmes motif*

influence; Mémoires de l'Académie celtique '[" séance, 30 mars 1803], I, I8JT, p. 13 [Lavallée], p. 23 [Gambr\'], etc.; Marchang}»', La Gaa'e Poétique, l, 1824. 4* éd. [l'% 1812; 2% 1814; 3% 1815]; etc.). Elle aduré durant tout le xix» siècle Oivres cités p. 84, n. 1; cf. ce que dit S. Reinach des « celtomanes ■> dans Rev. celt., XIX. 1898, p. 111 et s., et, comme livres de « celtomanie • presque maladive : Bouché, de Cluny. Druides et Celtes ou Histoire de l'origine des sociétés et des sciences, 1S48; Le Blanc, Étwle sur le symbolisme druidique, 1349; TouQet, Épigraphie de la Gaule sceltane, Rouen, 1883, tissu de folies; Monbarlet, Les Pierres et l'Histoire, le Druidisme et son œuvre, Paris, 189G, même remarque). Elle dure toujours.

1. En 1744, Frickius, qui est d'ailleurs supérieur à ses devanciers, comptait 25 travaux qui lui étaient spécialement consacrés.

2. Il est à remarquer que César ne parle de druides que dans son étude d'ensemble sur la Gaule (VI, 13; VI, 14; VI, 18, 1; Vi, 21, 1); ailleurs, c'està-dire dans le récit, il dit sacerdotes seulement (Vil, 33, 3); et la manière dont il emploie le mot druides à propos des Germains (V'I. 21, 1), montre qu'il en fait le synonyme de prêtres ou plutôt de grands-prètres.

3. Quand César cite la Bretagne comme berceau présumé de leur disciplina (VI, 13, 11), il n'entend parce mot que leur doctrine : cf. ch. V, § 1, p. 113 et s. Or, la doctrine et le clergé d'une religion peuvent avoir des berceaux fort différents : voyez le Christianisme.

4. La comparaison avec les gymnosophisles, mages et chaldéens a été faite dès les temps ale.xatidrins (Diog., I, pr., 1 et 6[o]); elle ne disparaîtra jamais, ni sous l'Empire romain (Dion Chrys., Or., 49, p. 538 — II, 240, Reiske), ni sous la Renaissance, ni de nos jours. Par là même, on fut de très bonne heure tenté de donner aux druides une origine asiatique.

5. Barth (p. 149) croit, au moins en ce qui concer.i,- la doctrine, à une influence thrace. Dès l'.Vntiquité (.\le.\andi-e Polyhistor?), on avait supposé des levons du Pythagore à Zamolxis le Thrace et l'arrivée en Gaule de ce dernier (Origène^. Phil., 1, 2 et 22). La Iheso d'une origine Cretoise (par l'Hercule de l'Idaj de la

que nous ignorons d'où viennent les royautés et les dieux celtiques, et toutes les institutions des pays gaulois : parce qu'avant le second siècle, la Gaule et ses habitants nous sont presque entièrement inconnus. Rien n'empêche donc de supposer aux druides une origine très simple, point très ancienne, et uniquement gauloise. La prêtrise a fort bien pu se former naturellement chez les Celtes, naître spontanément dans le cours changeant de leur vie sociale et politique. — Et voici, sur le sujet de celte origine, ce qui me paraît le plus vraisemblable.

Au temps de César, les Germains, comme les Grecs des temps honiériques ', n'avaient point de grands-prêtres, arbitres du droit religieux, surintendants .souverains de l'office de la divinité* : ce genre de pouvoir et de service demeurait encore du droit et du devoir des rois'. Cent ans plus tard, les rois ne sont plus seuls, en Germanie, à converser avec les dieux et à présider aux sacrifices : des prêtres les assistent ou les remplacent, et partagent avec eux la souveraineté morale des peuplades*. — Or, les Germains ne sont que les congénères des Celtes et des Belges, leurs frères plus tard venus à la civilisation, attardés et retardés au delà du Rhin en de plus vieux usages. Pourquoi les (jaulois n'auraientils pas, eux aussi, coiiiiu un temps où il n'y avait pas de druides?

Ce temps, d'ailleurs, nous pouvons, sinon le connaître, du moins le soupçonner. Les textes qui parlent des Celles et des Galatcs dans les siècles où ils dévastèrent ou conquirent le monde (Ilt0-207) ne font connaître chez eux que de bons rois ou de violents chefs de bandes, et jamais de prêtres pour

discipline druidique se trouve chez Giln-rt. p. 99 cl s.; clic csl d(^jà en prrnic chez IVzron. p. 149 et s. I,es Modernes ne font en loiil cela que reprendre les vieilles liypolliéses des Grecs, enclins comme nous h expliquer par des emprunU les analo>:ies dinstitolions, de pens(!>es et de noms.

1. Slenpel, Die grirrhischen Kullusaltcriamfr, IROO (I. von Mùller, Itandbuch}, p. 21 cl s.

2. i\eqiie druides habent qui rébus divinis prmsinl (\'\, 1\, 1).

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