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CONDITION SOCIALE ET GENRE DE VIE

fournissait les rois, les magistrats, les chefs de guerre. Chez les Eduens, les deux personnages les plus considérables au temps de Jules César étaient les deux frères Diviciac et Dumnorix : celui-là, rainé, était druide; celui-ci fut magistrat, chef de guerre, le plus riche des nobles, et aspirant à la tyrannie '.

Je ne crois pas cependant que le choix des druides fût laissé à l'arbitraire, et qu'il dépendit uniquement, comme celui des chefs civils, de la force, de la richesse ou de la gloire de quelques nobles ambitieux. La loi ou la coutume exigeaient, chez les candidats à la prêtrise, des garanties d'ordre plus élevé. Nul n'était choisi s'il n'avait été instruit par les druides eux-mêmes : ils avaient auprès d'eux des novices ou des coadjuteurs, qu'ils formaient aux fonctions sacerdotales. Ce noviciat commençait de très bonne heure, souvent à l'âge où ils étaient encore sous la puissance paternelle-; il était fort long, et, pour quelques-uns, durait même vingt ans ^ Un Gaulois n'arrivait pas à la prêtrise avant la pleine maturité, et sans l'expérience absolue des choses divines.

L'entrée dans cette carrière n'était point toujours libre. Beaucoup de jeunes gens l'acceptaient de leur plein gré; mais d'autres étaient voués au sacerdoce par leurs parents ou leurs proches*. Les grandes maisons tenaient probablement à ce qu'un des leurs les représentât dans le clergé : c'était s'assurer pour l'avenir un moyen d'influence et un instrument de domination. Puisque, dans certaines cités, le sénat ne pouvait reafermer qu'un seul membre d'une même famille', la prêtrise s'ouvrait comme débouché aux ambitions nouvelles.

i. César, I, 18, 3 et suiv. ; I, 20, 2 et s. Ce Diviciac est évidemment le druide que Cicéron a connu à Rome (De divin., I, 41. 00); cf. César, I, 31, 9; VI. 12, 5; Panegyrici veleres, 8, éd. Bœhrens, § 3, où Uiviciac est appelé princeps .-Eluus. La Vie de Divitiac, par de Gravillon, Lyon, 1893, est en partie une œuvre d'imaginatioa.

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