LES DRUIDES, ÉDUCATEURS DE LA JEUNESSE
vérités dont le prêtre était Tunique dépositaire et qu'il confiait secrètement à son disciple : l'usage de l'écriture était interdit, il fallait écouter, retenir, ne rien perdre des dogmes révélés '. Les choses apprises avaient ainsi le prestige de puissants mystères circulant depuis des siècles entre les plus dignes des chefs des hommes.
C'est qu'en effet les mystères druidiques étaient, comme les livres des pontifes romains, le privilège du patriciat gaulois. Les plus nobles seuls étaient admis à les connaître'; les prêtres se refusaient à rien écrire sur la religion, afin que la doctrine ne s'égarât pas dans la plèbe ". Leurs leçons s'adaptaient à la vie même de l'aristocratie; et les conclusions en étaient l'exhortation au courage, le mépris de la mort, la beauté de la bataille, c'està-dire l'apologie de l'ambition et de la gloire \ Loin d'opposer son œuvre à celle de la noblesse, les druides l'aidaient à maintenir sa domination. Ils lui assuraient la garde exclusive des vertus et des vérités.
En cela maintenant, la Gaule rappelle les ancêtres du monde classique, et les druides n'agissent pas autrement que les prêtres de la vieille Rome, défenseurs attitrés du privilège patricien : en face de la plèbe qui grandissait, les uns et les autres ont replié l'àme de la jeunesse noble vers la contemplation de ses droits souverains et dans le trouble de ses anciens mystères.
Le reste de la compétence morale des druides était l'attribut banal des chefs religieux; si le Grec ou le Latin s'étonnait de leur activité intellectuelle % c'est qu'ils ne se souvenaient plus du rôle autrefois joué parleurs prêtres. Ils furent experts en la divi-