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III. — LA TRIBU ET SON TERRITOIRE

Tous ces hommes, ceux du Centre comme ceux des frontières, les (jallo-Germains des forêts meusiennes aussi bien que les montagnards alpestres, les Gaulois riverains des grands fleuves ou les Aquitains des étangs et des landes, étaient répartis en tribus, sociétés permanentes que les Latins appe-

l'expansion du nom caulois. El tout ce qu'on dit et ri'iiote de P • Ame celti(jue • s'applique mieux et de beaucoup aux Ligures (cf. t. I, p. 127 et s.) qu'aux Colles fl (inuiois de l'i-poqne classique. On connaît par exemple les admirables papes de Renan sur la race celtique {Rcv. des Deux Montes, l" fovr. 1 854 =^ Assois de morale tt de critique, 1889, 4' éd.): remarquez comme la plupart de ses expressions, qui ne conviennent pas aux Gaulois (et Kenan le sentait l>ien, p. 380 . rappt'llont ce que nous savons des Lijrures : • Dénuée d'expansion, étranirére a loute idée dapression et de conquête [cf. t. I, p. i:i;}-4]..., elle n'a su que reculer [cf. t. 1. p. i;it cl 202J... L'esprit de la famille a étoulTé chez elle toute tentative d'orpani- Mlion un peu étendue [cf. t. î, p. lSO-1]. • — 2* Les rapports de parenté enU"e les traditions irlandaises et la civilisation jrnuloise seraient-ils prouvés, qu'il ne me paraîtrait pas d'une saine méthode d'interpréter celle-ci par celles-là : les choses ent tellement pu chanjrer dans les douze siècles qui ont suivi l'ère chrétienne! il s'est produit trop de faits nouveaux, et notamment le Chrislianisme. — 3° Ces documents de lanpue liritannique, cycle mythologique irlandais, etc., sont en f-rande partie des œuvrer arliliiiclles, dues à l'imagination ou à l'éruililion de tonleurs ou de demi-savants, et sont loin de donner l'écho lldèle de l'Irlande ellemême, de refléter ses croyances ou de conserver ses trorlitions. Trop de fantaisies individuelles ont pu s'y glisser, trop de remaniements s'y sont proiluils. — 4" Les analogies que l'on constate entre le monde gaulois et le monde irlandais ne sont pas dillérentes de celles que l'on peut retrouver entre le premier et les Germains eu les Grecs (cf. p. 177 et 434) : elles paraissent de mémo nature que ces rapprochements ([ue les études sociologiques permettent aujourd'hui d'étahlir entre les populations les plus diverses. — Dans le mémo sens que nous, avec plus ou moins d'énergie : de Hclloguel, III, p. 160 et s. ; Justel de Coulanges, Gaule, p. t et 120; Dotlin, Manuel, [>. 2 et s., p. 221 et S.; Renel, Les Hell'jiûns de la Goule, p. 12 et s. — Dans le sens contraire : Henri Martin, Éludes d'urclu'ologie celtique, 1S72; toute l'œuvre, d'ailleurs admirable, de l'école philologique des cellisants français : Gaidoz et d'Arbois de Jub.iin ville, dans la lievue celtique (tiepuis 1S70, I. 1870-2); d'.\rbois de .luhainville et ses collaborateurs, Cours de littérature celtique y], ISS.J, 11, ISS4. III et IV. 18S'J, V, Ls02, VI, IS99, Vil, IS'Jj, VIII, 18'Jl». l.\, l'.HK), XI et .\ll, I9n2; autres ouvrages, p. 84, n. I, p. 80, n. 2); à l'élrjnger. en dernier lieu : i>tokes et Windisch, Irische Texte, l)ic altirischc UeUensage (l'.iOô, p. XI et s.); cl d'une manière générale, tous les écrivains cités par Tourneur, Ks/uissc d'une histoire des éludes eeltiqiwit, Liège. lOOô.

1. Guéiard, Essai sur le sysll^me des divisions lerriloriaUs de la Gaule. 1S32. ji. 7-S, 47-48; Dt'loche, l^tudes sur la ijéogr. liisl. de la Gaule {Mém. prés, par die. sav. à l'Ae. des Inser., Il* s., IV, I'* p., I8C0', p. 340 et s.; Vonimsen dans Hernies, XVI, 18SI, p. 449-4Ô4; XIX, I8S4, p. 3H'»-32I ; Kornemniin. Zur Sladtentstehuug (plein d'idee> neuves). Giessen, 1S1»8: Garofalo. Studi storici, 11104, |i. 3 et suiv. — CL L I, p. 17'J «t suiv., p. 251 cl suiv., p. 300 et s.

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