ORIGINES DIVERSES DE LA RELIGION GAULOISE
des Évangiles, ou que l'islamisme ne dérive uniquement du Coran et de Mahomet. Toute religion qui triomphe hérite autant de celles qu'elle a vaincues que des apôtres qui l'ont fondée.
Il est probable, en outre, que les théories et les pratiques des druides n'absorbaient pas toute la vie religieuse des Gaulois, Celtes ou Belges. Enseignée surtout à la noblesse, tenue secrète en grande partie *, la discipline druidique était, comme les livres des pontifes romains et les rites des grands flamines, le lot de l'aristocratie dominante, une affaire officielle et publique. Les croyances de la plèbe, ses dieux et ses superstitioYis, n'entraient point dans son cadre : ce qui ne veut point dire que les grands n'aient jamais pris part aux dévotions du vulgaire. Autre chose, dans la religion, est l'enseignement du prêtre, aux formules fixées et logiques, et la pensée, l'espérance et la crainte du populaire, flottantes et spontanées, pleines de caprices et de contradictions, nées de traditions locales très anciennes ou des fantaisies subites d'hystériques de carrefours. Combien de rites et de convictions, dans la France de nos jours, sont étrangers ou contraires au catéchisme autorisé et à la théologie des prêtres ordonnés! Cependant, on ne décrira pas l'état religieux de notre pays sans parler du culte des arbres et de celui des eaux, des formules et des signes magiques, des oraisons qui guérissent ou qui préservent, des contrats passés avec les saints, toutes choses qui provoquent encore aujourd'hui tant de pensées et de soins; et pourtant, cela ne vient pas du Christ, et n'est point enseigné par ceux qui parlent en son nom. De même, ne disons pas que tout ce qui était en Gaule chose divine ressortissait aux prêtres et formait le druidisme.
Nous devrions donc distinguer, parmi les dieux, les pratiques et les croyances, ce qui est antérieur aux Gaulois et ce qu'ils ont apporté, ce que les druides acceptaient et ce qu'ils répudiaient.