‹ Histoire de la GauleChapitre 161 sur 718 · ADAPTATION DES GRANDS DIEUX AUX DIVINITES LOCALES · texte numérisé non relu

ADAPTATION DES GRANDS DIEUX AUX DIVINITES LOCALES

d'un dieu ou d'une déesse sur les bords d'une fontaine ou sur le sommet d'une colline, sont peut-être sorties les plus fortes commotions religieuses qui aient chranlé l'immanitj. Car le royaume du dieu, jusque-là caché dans la pensée de ses prêtres, montrait dès lors, sur la terre, ses vestibules ou ses palas visibles, foyers d'émotions, de miracles et d'espérances.

Les grands dieux de la Gaule vinrent donc, sur certains points, s'adapter aux divinités locales. Ils les incorporèrent à eux, de manière à profiter de leur place en assumant leurs obligations. Tout en gardant leur rôle universel et national, ils se firent les protecteurs de l'endroit : il est vrai que l'endroit, tout en demeurant la résidence d'une divinité, devenait 1' « ombilic » d'un empire divin. — C'est ainsi que Bélénus et Sirona, divinités astrales et guérisseuses, s'identifièrent avec un certain nombre de Génies de sources thermales : à Luxeuil par exemple, où ils tentèrent d'absorber un couple de dieux indigènes'. Ésus prit d'autres ruisseaux-. Esus et peut-être Taran purent se réserver quelques sommets ^; Bélénus reçut les siens, et il eut aussi le lac sacré de Toulouse \

Cette union ne se fit point partout. Plus d'une divinité locale garda son autonomie. Némausus de IS'îmes ne fusionna jamais avec un grand dieu. La plupart des Mères fontainières du Nord- Est et du Sud-Est vécurent avec leur nom et leur personnalité traditionnelles ^ En religion comme en politique, les régions extrêmes de la Gaule restèrent plus longtemps fidèles au passé.

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