Pnll.r-Jorilni). I. i
■A. Cf. p. i:'o (>i |.. i.'i.
5. AiiU'l de l'ari> jClliiiiy), nver finsrr. KSVS : jp no |kmi.\ pas affirmer i|ii"> lo liiiclieriii), (|iii iiu> |inrnll du rf»lf (rnuss<- iiinin» i) la gaiiloisu qu'à In rninain<> (cf. Ir Viilrnin d'il rùlc). n'ircspiilc I%siis lui-iii^-tne (<f. p. l'i.'i, n. 2). Kn Imil ras. U c>t inniii d'uni' srrpc (plutnt <|iir d'nno linrlip), il <li>piMiille l'nrlirr de m*» rameaux, il ne I abat pas : l'nrlire ressemble à un Ironr de Mtule ou de cligne i^lAlé, et dmit on enlevé !••*. repousser. !fur un autel de Trêves, le liùilieroii, liitussi- didereiiiiiuvil
DES RÉCITS MYTHOLOGiniTS. 147
et la tète ornée de trois grues et de trois rameaux'; ne faut-il pas voir, là aussi, la traduction de quelque récit populaire, racontant un épisode de la lutte ou de l'accord entre les dieux d'en haut et ceux qui croissent ou marchent devant les hommes, la béte, l'arbre et Toiseau?
Le sens de ces récits, du reste, a dû varier d'âge en âge, et la notion de leur origine historique ou cultuelle se perdre dans une vertu symbolique qu'on finit par leur attribuer. Le monstre anguipède asservi par le Soleil ne fut plus, dans la pensée des fidèles, le témoin de superstitions disparues : il devint sans doute l'image des nuées dissipées par l'astre victorieux. Et de même, l'arbre des anciens cultes se transformera peut-être, dans l'imagination populaire, en une puissance cosmique et monstrueuse, ombrageant le monde et portant le ciel '.
Nous venons de citer quelques faits de la vie des dieux gaulois, nous n'en savons pas beaucoup d'autres. Leurs poètes et leurs prêtres se sont tus à l'arrivée des Romains, et ils n'ont rien laissé d'écrit; quand la Gaule a eu ses sculpteurs, ils ne songeaient plus qu'à raconter la vie de Jupiter ou d'Apollon. Il nous a fallu, afin de retrouver ces épisodes, interpréter péniblement des textes très courts et des sculptures très concises, et il est à crainilre que nous comprenions fort mal les uns et les autres ' :
'a la iraiiloise'?!. ressemble davantaEre à un bùclieron 'lui abat l'arbre : mais cependant, il n'a pas là non plus le geste énergiiiue de l'Iiuinme qui frappe, et il semble tailler plutôt que détruire.
1. Sculpture du même autel de Paris, avec Tinscr. TARVOS. TRIG.VRANVS, • le Taureau au.x Trois Grue» •. Je ne suis pas sur absolument que lobjet figuré par-devant le taureau soit une housse : ce pourrait être, à la rigueur, le tronc d'un arbre, le même arbre que celui de la scul(>lure d'Ésus p. UG, n. 5i. — Su l'autel de Trêves (Reinach, Cultes, 1, p. 2.37), les deu.v scènes sont réunies : le bûcheron taille (ou abat'?) l'arbre, et au-dessus des feuillages on voit les trois oiseaux et une tèti? de taureau.
2. (J'csl l'inltrprftation indiquée par Reinach {Cultes, I, p. 242) à propos de l'arbre d'Ésus, eu rappelant l'arbre cosmi(iue des Germains et des Scandinaves (cf. Grimm, Deutsche Mythologie, I, p. 97, II, p. fiG.5 et s.'.
3. Kn ce qui concerne les autels de Paris et de Trêves (p. 146, n. 5, p. 147, D. I et 2 , ils p'jurraient représenter simplement les êtres et les objets attachés au culte des dieu.x. sans la moindre allusion h cjuclque scène de la vie de ces dieux (hypothèse de Jorand. Aîém. des Ant. de Fr., IV, IS23, p. 500) : l" le prêtre ou
nous faisons comme ferait un Iiislorion Ju Christianisme, s'il n'avait, pour rcconslituor la vie du Clirist, que les croix des calvaires ornées des instruments de la Passion.
On ne peut donc juger dans quelle mesure les Gaulois furent créateurs de mvthes et de légendes. Possédaient-ils un«' floraison de scènes et de récits pareille à celle qui fit le charme de l'art hellénique ou des rêves Scandinaves? ou hien commençaient-ils à jii'iiie la poétique hesogne de lillustration des virs divines? — Tout indique, au moins pour le mouit'ut. (|ue cette dernière hypothèse est la plus vraisemhlahle ; le mystère dont les druides entouraient l'histoire des dieux, et qui était peu favorahle à lédosion de helles légendes; le silence des auteurs anciens sur la mythologie celtique; l'ahsence de toute scène un peu détaillée sur les bas-reliefs d'ordre religieux; l'incroyahle facilité, enfin, avec laquelle les Gaulois adoptèrent les fables de rOlvmpe classique, lueurs dieux, si puissants qu'ils fussent, n'avaient sans doute pas encore un j)atrimoine de faits et de gestes comparable à leur richesse en altrilmh et en domiciles.