TENDANCES A L ANTHROPOMORPHISME
ils y ont multiplié les images des fétiches et des talismans; pas une seule fois leurs dieux n'y apparaissent d'une façon visible '. Les.Celtoligures des environs de Marseille acceptaient de rendre hommage, dans la cité grecque, aux idoles d'Artémis ou d'Athéné - : c'est à peine, au temps de César, et après cinq siècles de voisinage avec les dieux à forme humaine, s'ils osaient dégrossir en têtes ou en bustes les troncs de leur bois sacré ^
Il a dû exister en Gaule un sérieux obstacle à l'idolâtrie : à coup sûr, il ne pouvait venir que des druides*. S'ils ne l'ont pas proscrite, ils l'ont découragée. Un clergé n'a pas un très grand intérêt à ce que l'on connaisse trop les dieux : du jour oîi le Gaulois leur donnerait une figure et les logerait chez lui, il aurait moins besoin de supplier ses prêtres d'intercéder auprès d'eux. Le prestige des druides tenait à ce qu'ils se disaient les seuls à savoir ce qu'était la divinité ^ Au surplus, il est possible qu'ils aient eu, de cette divinité, une idée assez haute pour répugner à l'habiller en être humain; par intérêt ou par conviction, ils avaient le devoir d'interdire de tailler un dieu dans la pierre, le bois et le métal.
Mais, si cette interdiction a existé, elle n'avait plus force de loi dans les années où. César conquit la Gaule. Il constata, au delà des Cévennes, que les dieux possédaient leurs statues, et que celles de Teutatès étaient fort nombreuses®.
En quoi elles consistaient, on peut s'en rendre compte d'après la manière dont l'idolâtrie a commencé chez les populations appa-
1. Cf. Blaiichet, Traité des monnaies gauloises, p. lî)l-lo3. Cf. ici, p. 347.