IMine. XXIV
5. AiudcUnilsiliiiinrA pArPlineon peut joindre : l' • horhe «uxcnrbcnux •, qui M»rt <l'antiili>(r(fVmir.aii.«r.,S(^);lapi«>iT(>d(> In-Miurrc drin SnAnc. fi'l<rifii;.-i' (f>fy?upiù,6,3).
C. M(Vji utiqut circa hanc {\a vervoini') insantunt. Pline, X.W, KM.
QUELQUES SUPERSTITIONS. Iô7
même, ou comme si, vivante et capricieuse, la plante ne se donnait qu'à de certaines conditions *.
Enfin, Pline l'Ancien racontait en ces termes la coupe du gui de chêne- : « Les druides n'ont rien de plus sacré que le gui, du moins celui du chêne-rouvre. Le rouvre est pour eux l'arbre divin par excellence : leurs bois sacrés appartiennent à cette essence, l'emploi de son feuillage est exigé dans tous les sacrifices. Aussi, une touffe de gui vient-elle à surgir sur un chêne, c'est signe qu'elle arrive du ciel et que l'arbre est l'élu d'un dieu : le gui de chêne est d'ailleurs d'une extrême rareté \ La coupe s'en fait suivant un rite minutieux et sévère. Elle a lieu le sixième jour de la lune, alors que l'astre a déjà assez de force, mais quil n'a pas encore atteint la moitié de lui-même. Le prêtre est vêtu de blanc, sa faucille est d'or, une tunique blanche est destinée à recevoir la plante. » Il ne faut que des couleurs pures au contact d'un dieu. « Puis, ont lieu sacrifices et repas sacré, sous l'arbre même. On immole deux taureaux blancs, dont les cornes jusque-là sont restées vierges de tout lien : pendant le sacrifice, on prie le dieu de faire que son présent rende heureux les hommes auxquels il l'a envoyé \ Car le gui est une véritable panacée : on l'appelle le remède qui guérit tout, et de toutes les maladies, de tous les poisons, de la stérilité même. » Des ennemis de la mort et des agents de la vie, il est le plus victorieux et le plus fécond.
1. Le recueil deSébillot(lII, p. 443 et s.) montre quil n'y a aucune différence apprétiable entre ces croyances et ces pratiques el celles de la France à toutes les époques.
2. XVI, 249-51. — Sur le gui chez les Occidentaux, Gaidoz, Revue de l'histoire (les religions, II, 1880, p. 08 et suiv. ; de bonnes choses chez Reysler, p. 303 et s. Sur les autres travaux (par ex. Magdelaine, Le Gui de chêne, etc., 1878, Soc. de Semur), beaucoup de réserves à faire. — Il est à peine besoin de répéter que le rnul ou cri traditionnel de l'aguillanneuf (étrennes, jour de Tan) n'a aucun rapport avec le frui et les druides; voyez les textes chez Godefroy, Dict., I, 1881, p. 170; autres, Mém. des Anliqu. de Fr., 1817, p. 111 et s.; etc.
3. Fait que connaissent bien tous les botanistes et forestuîrs; cf. en dernier lieu de Parville, Le dui sur le chêne, dans Les Annales, 4 août l'JOT.
4. Suuni donuin dcus prosperum facial his quibus dederit : his peut désigner la famille propriétaire de l'arbre ou le peuple chez qui il se trouve.
Pline, h i-ropos de toutes ces plantes, prononce le non) des druides. J< iiule fort .que les druides dont il parle soient les prêtres sou .ains du temps de César, et je verrais plus volontiers en eux des prophètes et des devins subalternes, héritiers siniplenieni lu nom de l'ancienne prêtrise, et débitant sous le prestige de < . titre sacerdotal les éternelles recettes de la médecine végét.ili : car le gui, tout comme la sauge et la verveine, a vraiment (|iielques vertus curalives, qui d'ailleurs ne sont pas spéciales au gui du chêne.
Pourtant, j'inclinerais à croire que les druides eux-mêmes ont volontiers arcepté et sanctionné la croyance au gui, si chère à tant (Ir peuples. Aucune religion ne s'est refusée d'associer à ses dieux la gloire de certaines j)Ianlcs, à faire d'elles le symbole aimable des mystères de sa foi ', Or, la vie du gui aidait si bien à traduire en de poétiques métaphores les dogmes les plus séduisants et les espérances les plus joyeuses'! Fille des oiseaux du ciel, qui transjiortent sa graine', compagne des arbres sacrés, sur les(}uels elle prend racine *, demeurant verte et vivante au milieu des branches dépouillées par l'hiver", la plante était l'image de l'âme éternelle, venue du ciel, aimée des dieux, et (jui traversait incorruptible l'épocjue du trépas et les horreurs du cadavre. Une branche de gui, disaient les Italiotes, ouvrit à Enée vivant la porte des Knfers* : les druides ont pu de même enseigner «jue, comme le gui, l'esprit sortait «lu corps expirant et triom|>hait du |»assage de la mort. L'un et l'autre étaient, de cette mort, les vaincjueurs souverains". — Plus tard, rabais-
1. On n i-ru rproniialtrv le gui »ur cortuincs monnaies gaului:^câ, 2398-2013, 0018 21. f.S!)4 : . .-,1 pos.sible, non certain.