CHARS DE GUERRE, CAVALERIE, INFANTERIE
Nulle population de l'Antiquité n'a mieux compris quelle force, à la fois brutale et réfléchie, est constituée par l'accorcl intime du cheval et du cavalier. La A-aleur de la cavalerie celtique, hommes et montures, venait d'habitudes jalousement gardées, d'exercices continus et d'habiles sélections. Les chevaux étaient de superbes animaux', harnachés et bridés avec une science compliquée-, ornés parfois comme des idoles, et que les riches montaient sans doute avec des selles de luxe^ On se plaisait à les former pour des conversions, des voltes et des passes élégantes et régulières* : l'art de les dresser et de les manœuvrer fut poussé si loin, que plus tard l'armée romaine empruntera à la langue celtique quelques termes de Técole du cavalier ^ Le cheval gaulois semble une bête intelligente, de manège et de parade autant que de combat. — Mais, par là même, il ne rendra pas sur le champ de bataille tous les services qu'on pourrait lui demander. Il a, comme son maître, de l'élan, de la tenue et de la forme*; il manque un peu de fond, tout comme lui; il ne possède pas cette force de résistance, cet entêtement solide des chevaux germains ou transrhénans ' : bêtes laides et disgracieuses, qui auront souvent raison des escadrons gaulois dans les rencontres de la frontière ^
1. Cf. César, IV, 2, 2. Cf., pour ce qui suit, ici, p. 278-9.
2. Freins spéciau.x aux Celles, .\rrien. Indica, 16, 10; cf. Horace, Odes, I, 8, 6.
3. César, IV, 2, 4-5; Plutarque, César. 27. — On a trouvé traces d'operons à La Tène; Gross, p. 31-2. — Ici se pose la question si controversée de la ferrure des chevaux gaulois : on admet d'ordinaire aujourd'hui, et avec beaucoup de vraisemblance, que lusape de la ferrure a pris naissance en Gaule; cf., dans des sens divers : Nicard, Les Anciens onl-ils amna la ferrure à clous?, Mém. de la Soc. des Anl. de Fr., XXIX, 1800, p. 64 et s.; Duplessis. El. sur l'origine de la ferrure du cheval chez les Gaulois, .Mém. lus à la Sorbonne en 1806, Arch., 1867; Quicherat, Rev. des soc. sav., \' s., VI, a. 1873, 11, p. 2.50 et s.; de Saint- Venant, Anciens fers à chevaux, Bourges, 1902 (Mém. de la Soc. des Anl. du Centre, XXV); etc.
4. Lucain, I, 425 (si le vers n'est pas interpolé); .Vrricn, Tactique, 33, 1; 37, 4; 42, 4; 43.2; 44, 1; cf. Tacite, Germanie, 6.
3. Arrien Tactique, 37, 4 petrinos); 42, 4 {xyne'ma}; 43, 2 (toloutegon?) : ces mots désignent des manières de lancer le javelot à cheval.
6. Ce qui reste vrai de la cavalerie française : • Je n'estime point •, disait .Montaigne, ■ qu'en sufllsance et en grâce à cheval nulle nation nous emporte • (I, 48).